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	<title>Tic-Tac Around The World &#187; Inde</title>
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		<title>Kaléidoscope de la condition humaine !</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Mar 2014 12:12:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Kassé]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Inde]]></category>

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		<description><![CDATA[// Kolkata, la cité de la joie qui vénère Kali. Je crois que dans cette opposition tout est dit sur la complexité et la richesse de cette ville Le berceau des intellectuels indiens a pris en adoration la Déesse du temps, de la mort et de la délivrance, mère destructrice et créatrice. A son image, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;">// Kolkata, la cité de la joie qui vénère Kali. Je crois que dans cette opposition tout est dit sur la complexité et la richesse de cette ville Le berceau des intellectuels indiens a pris en adoration la Déesse du temps, de la mort et de la délivrance, mère destructrice et créatrice. A son image, les rues sont plongées dans un chaos sans début ni fin où je me demande ce que je fais là ?!<span id="more-2023"></span></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02701-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2025 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02701 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02701-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Un peu désespéré à force de me casser le nez sur la devanture d’hôtels trop chers ou complets, je navigue à vue dans un des nombreux marchés de la ville lorsqu’un jeune m’aborde pour me proposer une chambre. Au point où j’en suis, je veux bien le suivre… Il me dégote une piaule à prix très raisonnable, dans un hôtel non indiquée près du vieux bazar. Comment font les clients indiens pour débarquer ici ? La question ne se pose pas pour les touristes, car durant mon séjour de trois semaines, je ne verrai aucun étranger occupé une des sept chambre. (J’apprendrai plus tard qu’il y a la « sudder street » de l’autre côté du bazar, remplie de guesthouse et de touriste. Du coup, je serai encore plus content de rester en paix dans mon hôtel inaccessible) Pour couronner le tout, j’ai même une télévision avec TV5 monde qui est entrain de diffuser le match de rugby contre les Tonga. De toute façon, je n’ai pas vraiment le temps de me sentir seul… très vite je partage ma chambre avec une souris que je renomme affectueusement « Mister Jingles ».</p>
<p style="text-align: justify;">Je me prends rapidement de sympathie pour ma souris comme pour les bengalis, habitants de la province indienne dont Kolkata (anciennement Calcutta) est la capitale. Leur nom prédestiné et la similitude de leur caractère avec le chat bengal (réputé pour être vif, intelligent, curieux mais aussi très affectueux, surtout avec les autres animaux et les enfants), je leur fais confiance pour épargner « Mister Jingles » des sacrifices animaliers quotidien. La curiosité des indiens n’est plus à démontrer. Elle peut sembler totalement déplacée mais elle prête plutôt à sourire, notamment lorsqu’au restaurant, je lis ou j’écris. Les serveurs viennent à tour de rôle se mettre derrière moi pour observer ce que je fais comme s’ils étaient en mesure de comprendre le français. Le plus drôle est qu’ils s’imaginent discrets, et lorsque je les attrape du regard, ils détalent en cuisine à la recherche d’un hypothétique plat à servir.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02722-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2027 alignright" style="margin: 5px; border: 2px solid black;" alt="DSC02722 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02722-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Un matin embrumé par la pollution, comme toujours en Inde, je pars à la recherche du consulat français. Loin de mon hôtel, je parcours la ville de long en large, chaque changement de quartier, est comme la découverte d’une nouvelle ville. Riche, pauvre, en bois ou en béton… je constate avant tout que Kolkata est d’abord un kaléidoscope architectural. Quant aux odeurs, elles sont infinies mais souvent abjectes comme ce poisson pourri qu’ils dépècent avec une vitesse et une violence maîtrisée depuis de longues années. La bête achevée, ils l’exposent dans la crasse d’un sol endolori par l’histoire. L’Inde a tout pour faire de vous un végétarien revêtant le costume extrémiste de « Brigitte Bardot ». Çà n’est pas cet incroyable indien qui après avoir nourri des chiens affamés dans la rue, se met à les caillasser de manière frénétique. « J’aime les animaux, mais si je ne leur lance pas des pierres après leur avoir offert mes restes, ils vont me suivre. Et moi, je ne peux pas accueillir toute la misère animale de l’Inde. » Me souffle t il dans un filet de voix muet mais qui en raconte tellement sur le paradoxe de cette ville. L’amour provoque la haine, la destruction amène la création et Kali surgit !<!--more--></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02703-800x600modif.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-2042" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02703 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02703-800x600modif.jpg" width="480" height="360" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align: justify;">La visite du temple de Kalighat, en hommage à la déesse hindoue de la mort, est totalement folle. Le temple est saturé, la foule se bouscule avec violence dans tous les recoins de l’édifice pour approcher la statue. C’est l’inverse de tous les temples que j’ai connu jusqu’à présent. En Inde, lorsque j’avais besoin d’un peu de répit et de tranquillité, je partais me réfugier dans le calme et la volupté des lieux sacrés. N’ayant pas la foi, je ne me bats pas pour approcher Kali. Je repars tête baissée, les pieds nageant dans la marre de sang d’une chèvre sacrifiée ce matin. (Quant à mon sang, il est impeccable, c’est le test d’INR de Kolkata qui le prouve)</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02728-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2028 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02728 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02728-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Encore estomaqué par la scène que je viens de vivre, je descends me réfugier dans les artères du métro indiens. Amorphe, ailleurs, je reste stupéfait devant ces pèse-personnes pleins de couleurs. Un gardien, dans un geste d’affection typiquement bengali, vient m’offrir deux roupies pour que je monte sur la balance. Je lui dis que j’ai de l’argent, même trois billets déchirés que personne n’accepte. « Bon sang de bonsoir, si j’attrapais l’enfant de gredin qui me les a refilé dans une rue mal éclairée… » La machine folle se met en marche, çà claque, les sons grincent, les lumières crépitent… et tombe le verdict ! Huit kilos en moins depuis le début du voyage… J’ai testé pour vous la cure Inde/Népal pendant 3 mois, le résultat est sans appel. Elle est bien plus efficace que tous les régimes à la mode actuelle. Vous pouvez manger de tout (enfin tout ce que vous arriverez à trouver). Faire des excès n’est pas un problème, votre corps saura vous le rappeler et la journée sur les WC sera un châtiment suffisant pour que vous vous limitiez naturellement.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis que j’ai changé le verre des mes lunettes rayées, je n’y vois plus clair. Et dans la nuit de Calcutta, une femme laisse tomber un foulard à mes pieds, je suis effrayé, je sursaute, j’ai cru à une attaque de chien. La paranoïa s’installe. Il n’y a pourtant pas de quoi, ils ont presque l’air mignon, avec leurs crocs aiguisés et la bave qui pend au bout de leur museau. (Note à moi-même : Comme preuve d’amour envers ces bêtes à quatre pattes, pensez à mettre des cailloux dans ses poches !). De retour à l’hôtel, je ne m’entends même plus parler avec ma bière. Il y a festival musulman en plein milieux de la nuit, un boucan d’enfer, quelque chose d’assourdissant mais que je trouve excellent pour célébrer la victoire des bleus ! En rythme, et 1… et 2… et 3/0 ! Viva Rio de Janeiro !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02737-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2029 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02737 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02737-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Kolkata est un disque rayé. Un passé qui ne veut pas trépasser Une histoire difficile à effacer. D’ailleurs comment surpasser les affres de l’horreur ? Kolkata est la seule ville en Inde (au monde ?), où les homme-chevaux sont encore là, à tirer leur rickshaw à bout de bras. Moi j’ai du mal à digérer, ces gamins rampant pour nettoyer le sol des restaurants, rendant mes repas toujours indigestes. Et pis, il y a ce gosse, tous les jours dans la même rue, chantant son refrain éternel « 200 roupies » à n’importe qui et à n’importe quelle heure. Il est bloqué dans l’espace temps avec ses sacs à vendre (faut dire qu’ils viennent aussi d’un autre temps ses sacs). Hier, j’étais lassé d’être impuissant. Ce soir, je suis fatigué de regarder la misère défilée. Demain, je voudrai faire quelques choses de mes mains. Et me voilà parti pour être volontaire à la maison de la charité crée par Mère Teresa.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02819-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2030 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02819 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02819-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>C’est au petit matin que la misère de l’Inde explose à la vue, quand les rues sont peuplées de rickshaws endormis dans un linceul sous leur carriole, que des poules encore vivantes sautent de panier en panier avant d’aller sur les étales du marché. Pour celle qui n’ont pas survécu au lever du soleil, et dieu sait comme elles sont nombreuses, la tête en bas, les pieds accrochés au corps d’un vélo, les cyclistes les emmènent se faire déplumer. L’abattoir à ciel ouvert, le bonjour délicat de la ville de Calcutta ! Mais la vue des animaux morts n’est rien comparée à l’odeur de bienvenue des tas d’ordures en feu pendant que les sans abris essayent de se laver juste à côté. C’est la triste réalité qui m’accompagnera chaque matin sur la route de ma nouvelle mission en tant que volontaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Après la prière matinale, la sœur comme frappée par la lumière m’envoie à Daya Dan. C’est un centre qui recueille des enfants handicapés physiques et moteurs. Je suis affecté au premier étage avec un groupe de volontaire, très souriant, sympathique et fort attachant. L’ambiance y est excellente, même si un nouveau quotidien s’installe. Ma vie de bénévole à la maison de la charité se passe toujours de la même manière. 7h, à la maison mère, prière, chanson de remerciement pour le dernier jour d’un volontaire. Petit déjeuner offert puis chacun monte dans le bus qui doit l’emmener dans le centre auquel il est affecté. Arrivé à Daya Dan, saluer les enfants, les sœurs et les massi (femmes indiennes, salariées, travaillant dans les centres mais elles ne sont pas chrétiennes). 8h : lessive et étendage du linge pendant que les massi lavent les enfants. 9h : prière pour tout le monde (y compris les enfants handicapés). 9h15 : première classe individuelle (un enfant avec un volontaire désigné) pour ceux qui sont considérés aptes à apprendre, pour les autres séances collectives (jeux, voir massage pour les enfants les plus durement touchés physiquement). 10h10 : pause. 10h40 : seconde classe individuelle ou « méditation » (salle de repos avec lumière apaisante ou musique douce). 11h20 : donner à manger aux enfants (toujours la même bouillie indigeste… l’odeur est insupportable et il s’agit de leur pain quotidien. J’avoue avoir eu du mal à forcer un enfant à manger ce festin lorsqu’il n’en voulait pas…). 12h : retour avec tous les volontaires à la « Sudder street ».<!--more--></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/1479394_10153567186770582_652819917_n-800x600modif.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-2032" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="1479394_10153567186770582_652819917_n [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/1479394_10153567186770582_652819917_n-800x600modif.jpg" width="480" height="360" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02826-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2034 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02826 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02826-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Le quotidien s’installe et pourtant je me sens mal. J’ai la tête qui tourne mais je ne peux pas renoncer si tôt. Je me force, et les poulets retournés sur les vélos de bon matin me rappellent quelques soit l’heure que l’Inde n’offre pas de repos aux âmes sensibles. Après la messe matinale, direction le centre où la vie reprend son cours habituel. Mais ce matin, je suis pris par un sentiment trouble. A quoi sert cette mascarade ? Je n’arrive pas à me réjouir de la situation. Sous prétexte de venir en aide et alléger leur culpabilité, les volontaires courtes durées de la « sudder street family » causent plus de dégâts qu’autre chose. Si nombre de gamins n’ont pas de perspective d’évolution positive dans l’avenir, quand je vois un mioche aussi mignon que Noel, qui ne dit mot mais au regard si triste qu’il exprime tellement. Pourtant personne ne le remarque alors entre crise d’épilepsie et de pipi dessus, il appelle à l’aide avec ces yeux vides. Les massi, totalement blasées par la quantité de nouveau volontaire, m’ordonnent d’aller le changer (sans douche car c’est une par jour et tant pis pour lui). Lorsque je me réjouis des petites victoires avec Rakesh qui semble n’avoir comme handicap que des jambes qui ne veulent plus le faire avancer, je n’arrive pas à penser à autre chose… Nous les ralentissons ! Sous prétexte de nous donner bonne conscience en écoutant Mère Teresa dans ce qu’elle a peut être dit de plus désolant : « même pour quelques heures venez toucher du pauvre ». Car oui, ils nous apportent beaucoup, beaucoup plus que l’inverse. Si seulement ils pouvaient avoir droit à des suivis personnalisés sur du long terme avec un seul et même aide spécialisé, leur progrès seraient incroyable ! Mais là, à défaut de progresser ou de régresser, ils stagnent…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02746-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2035 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02746 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02746-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Les tourments s’aggravent, je me sens mal. Je chie de l’eau par tous les pores. Je passe une nuit en Enfer ! Assis sur les chiottes, je transpire, chie, vomi et je n’en vois pas la fin. Quand les klaxons s’arrêtent, des oiseaux viennent hurler sous ma fenêtre… Ce pays aux possibilités infinies quand nous sommes en forme, devient l’horreur sur terre lorsque les forces nous abandonnent. Ce pays use, détruit, déforme les sens et les odeurs. Je n’en peux plus ! Cela fait maintenant 28 heures que je végète entre mon lit et les toilettes. Je n’ai toujours rien avalé et le bruit me semble de plus en plus assourdissant. Quant aux indiens, je les trouve toujours aussi moche et difforme. Je n’apprécie rien sauf les chansons de Guillaume Depardieu. Pas de doute… Je suis toujours malade !</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le pays où il n’y a aucun répit pour les vivants. J’en viens à me demander si je ne dois pas mourir paisiblement dans mon lit sans avoir la force suffisante d’aller chercher quelques biscuits. Dans ce pays où la richesse se mesure à la graisse autour du ventre, je maigris à vue d’œil, je perds du poids, le poids des illusions… Ils pourraient tous crever que çà ne me ferait rien. L’indifférence ronge mon corps comme mes doigts pèlent d’avoir si froid sous les 35°C de Kolkata. Je boue de l’intérieur, et tout s’évacue ! Une fois de plus les WC sont la clé.</p>
<p style="text-align: justify;">Habité par la fièvre je me pince sans cesse pour vérifier que les freaks croisés dans la rue ne sont pas le fruit de mes hallucinations. Les chiens décalottés, le visage à moitié rongé, les yeux vitreux d’un sang périmé, ces chiens n’ont rien d’immonde en comparaison de cet homme criant sa foi pour Allah au milieu d’une foule sans compassion qui l’évite comme la peste… Cet homme que le peuple laisse à l’abandon est le sosie officiel et réel de Davy Jones dans « Pirates des Caraïbes »… un visage déformé par des tentacules de peaux. Inimaginable ! Quand je le vois, je décide de ne pas prendre de photos de toutes les horreurs qui m’assaillent dans la rue de Kolkata, car sinon je ne ferai que çà…</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette folie, c’est l’hécatombe chez les volontaires. Le moral est dans les chaussettes. Tout le monde est malade. Alors contrairement à d’habitude, ce matin là, je prie… je prie pour la pluie qu’elle vienne nous délivrer de cet air irrespirable.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02758-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2036 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02758 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02758-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Le dimanche à Kolkata est mon jour préféré. Il ressemble à champ de bataille après le passage du Chaos. En effet, le dimanche, (jour de repos avec le jeudi pour les volontaires), doit également être le jour de relâche de la Déesse Kali. Les rues sont calmes, presque déserte, alors je décide de poursuivre mon apprentissage de la culture indienne. Je pars visiter le Victoria Mémorial dont je me fous éperdument et que je ne trouve pas très intéressant. Mais je profite de ces paisibles jardins pour me détendre et lire « l’avenir devant soi »… Pour apprendre, il y a les livres, et la rue… Alors je retourne dans celle de Kolkata où je découvre que travesti est un excellent plan pour gagner de l’argent. Nous sommes loin des jolies ladyboy thaïlandaises, ici les travestis sont grossiers (comme leur ventre), poilus au maquillage excessif. Mais comme tant d’autre chose, les indiens en ont peur, et lorsqu’ils en croisent un, par superstitions, ils lui offrent quelques roupie.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/546015_10153567189735582_1069196990_n-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2037 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="546015_10153567189735582_1069196990_n [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/546015_10153567189735582_1069196990_n-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>De retour au centre, et comme tous les lundis, c’est avec Peter que je passe la matinée. Peter est un enfant très touché et touchant. Il ne voit pas, ne parle pas. La seule chose que je peux faire avec lui est de jouer sur un paillasson ou avec de la pâte à modeler pour faire travailler ses sens. Pourtant cette semaine, il n’y aura pas de routine, d’abord parce que c’est la dernière et pis de toute façon même si le programme est toujours le même en Inde, il y a tellement de contre temps, qu’on a l’impression de danser sur un Jazz de fou. Il n’y aura pas de routine non plus car cette semaine, il y a la grande sortie de tous les enfants, des sœurs, des massi et des volontaires au parc d’attraction à l’extérieur de la ville. En attendant cette excitante journée, je repense à cette phrase de Romain Gary : « Mais elle n’a plus rien dit. Çà s’est arrêté là. Les gens sont gratuits. Elle m’a parlé, elle m’a fait une fleur, elle m’a souri gentiment et puis elle a soupiré et elle est partie. Une pute. » Voilà ce qu’il me manque, des personnes qui soient gratuits, qui sourient et ne demande rien en échange. Alors quand un gamin souriant me recoud mon pantalon sans rien attendre en retour, je lui donne 50 roupies, car les sourires, çà manque ici. A défaut d’être heureux, jouer le jeu du sourire n’est pas dangereux.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/1496654_10153567181380582_927077202_n-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2038 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="1496654_10153567181380582_927077202_n [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/1496654_10153567181380582_927077202_n-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Puis les surprises s’enchaînent comme cette nuit où je suis réveillé à deux heures du matin. Je suis réveillé par le silence. Un silence total. Je n’avais jamais ressenti çà en Inde, mon corps s’est mis en alerte, mais quel plaisir ! La journée dans le parc ne pouvait s’annoncer sous de meilleurs auspices. C’est d’ailleurs parti. Après de longues tergiversations dans une organisation à l’indienne pour le remplissage des bus, on m’annonce que je suis en charge de Sumeth. C’est une chance, ce gamin est une merveille. Il est calme, un gros nounours indépendant qui veut aider tout le monde. Le parc est vraiment magique pour les enfants. Je peux voir briller dans leurs yeux la même excitation que ma première fois à Disneyland. Tous ont le sourire, même les massi. Dans notre pédalo, la massi est aux anges, elle ne veut plus s’arrêter (çà se voit que çà n’est pas elle qui pédale !), on finit par se faire appeler au microphone par le service de sécurité. Quant à la grande roue, Sumeth est effrayé, il rit, il pleure, il s’accroche à moi, essaye de tomber pendant que je m’efforce de le calmer. Une fois terminée, il est tellement heureux qu’il veut remettre çà. C’est beau de le voir se faire plaisir, et ne penser qu’à lui. Puis nous enchainons avec la maison hantée, Sumeth accroché à mon bras droit n’est pas très rassuré quand les lumières s’éteignent. Dans l’obscurité, je sens une main apeurée qui saisit mon bras gauche. Je pense à un enfant terrorisé et lorsque les lumières reviennent, c’est avec stupeur que je découvre… une massi ! La pause casse croute tombe à pique. Tout le monde est heureux mais fatigué de cette matinée, sauf Sumeth qui recommence à aider tous ses camarades. Incroyable gamin, qui maitrise le taureau comme personne. C’est avec une séance de rodéo que les activités de l’après midi continuent…<!--more--></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02788-800x600modif.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-2039" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02788 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02788-800x600modif.jpg" width="480" height="360" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02781-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2040 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02781 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02781-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Après les émotions joyeuses du parc, la journée de repos est la bienvenue. Je suis d’ailleurs tout à ma joie en enchainant les délicieux Chai (thé indiens très sucré avec du masala et du lait bouilli) au point de rendre ce pays… flou. Je crois qu’ils vont finir par me manquer ces indiens aux questions formatées. Pour éviter de parler, et de croiser un regard, je lis un livre en avançant dans la foule. Malgré cela, un homme trouve le moyen de me demander ce que je cherche. J’en reste bouche bée, et lorsqu’il continue avec ses traditionnelles questions, j’invente un pays avec le dernier mot de la page du livre qu’il m’empêche de lire. Mais peu importe la réponse, il ne m’écoute pas, il enchaine avec la question suivante… Je m’amuse avec lui, je souris, ne dit plus rien, lui fait un clin d’œil moqueur avant de lui tourner le dos pour poursuivre ma route. Cette fois, c’est lui qui reste sans un mot, il me laisse en paix, enfin !</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant cette nuit, je suis troublé, pas très fier de mon comportement vis-à-vis de cet homme qui fait ce qu’il peut pour trouver à pigeon. Mais il n’y a pas que çà, je me sens épuisé, tourmenté, comme cet arrière plan qui m’a donné le tournis, qui s’aplanit… puis dès que je trouve un peu de compassion pour ce peuple, ils font tout pour me dire que je suis dans l’erreur. Comme ce matin où le réceptionniste oubli de me réveiller à temps pour me rendre à la maison mère. Cependant, il vient quand même frapper à ma porte 1h30 plus tard, sans aucune raison. Je n’y crois pas, je me sens triste, j’allume le PC… Madiba est décédé ! Je vais finir par croire que les indiens l’ont épuisé même à des kilomètres loin de lui. Ils ont tué Gandhi, qui est devenu l’apôtre de la paix après son séjour initiatique en Afrique du Sud. Alors pourquoi çà n’est pas possible que les indiens aient également tué Nelson Mandela ? Je perds la tête avec ce peuple, je passe à de l’amour à la haine en moins d’une fraction de seconde. C’est trop intense, alors je décide de me murer dans le silence pour aujourd’hui…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02806-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-2041 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02806 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02806-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Je me ballade le long des berges du Hooghly pour méditer sur l’Afrique du sud, et mon expérience à la maison de la charité. Ce qui me fait peur, c’est cette foi qui les pousse à faire n’importe quoi. J’en arrive à me demander si çà n’est pas des sœurs de l’extrême qui ne peuvent trouver de justification que dans la souffrance. Elles sont prêtes à alourdir la croix que portent ces enfants malgré eux, pour rendre justice à la mémoire du Christ. Çà m’effraye. Elles sont pleines de bonnes volontés mais terriblement maladroites. Si je devais faire une métaphore footballistique, je dirai qu’elles font preuves d’un excès d’engagement non maitrisé. Ce qui parfois entraine le carton rouge. La volonté est essentiel, mais la volonté ne suffit pas toujours, en tout cas, elle n’est pas tout. Et pourtant à la fin de ma longue ballade au bord de l’eau, je suis toujours aussi triste car je sais que ce pays va me manquer car je vais le quitter sans l’avoir compris. Mais y a-t-il quelque chose à comprendre quand les gens sont à ce point superstitieux ? Qu’ils ne se rasent la moustache que si l’alignement des étoiles est propice. Ce soir, dans le ciel, elles sont déstabilisées par la nouvelle qui arrive droit d’Afrique du sud.<!--more--></p>
<h4 style="text-align: justify;">// C’est fini, j’ai aimé détester l’Inde, le dodelinement de la tête de ses habitants pour dire oui à tout alors qu’ils n’en ont aucune idée. Je sais que ce pays va me manquer, il est tellement intense. Il ne laisse aucun répit, c’est un monde dérangeant psychologiquement et physiquement. Il oblige à revoir toutes ses certitudes. Cette remise en question forcée peut mener à la folie ou mettre sur la voie de la paix. S’il vous plait, quand je serai trop arrogant, égoïste et fier, s’il vous plait, renvoyez-moi en Inde… Pour douter de tout !<!--more--></h4>
<p style="text-align: justify;">PS : Et dans tout çà, je suis devenu comme eux. Avec patience et malice, j’ai réussi à refourguer mes billets déchirés. J’avais l’air sympa, ils m’ont fait confiance…<!--more--></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Kolkata:</span></p>
<p></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Y a le feu sur le Gange !</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Mar 2014 07:35:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Kassé]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Inde]]></category>

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		<description><![CDATA[// Après avoir perdu mes kilos à Delhi, si je dois laisser ma peau en Inde, autant le faire dans la ville qui ouvre directement les portes du Nirvana. Pas de panique, pour l’instant, les morts ont simplement pris feu sur le Gange ! Bienvenue à Vârânasî, également connue sous le nom de Bénarès, mais surtout [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;">// Après avoir perdu mes kilos à Delhi, si je dois laisser ma peau en Inde, autant le faire dans la ville qui ouvre directement les portes du Nirvana. Pas de panique, pour l’instant, les morts ont simplement pris feu sur le Gange ! Bienvenue à Vârânasî, également connue sous le nom de Bénarès, mais surtout mondialement réputée pour être la capitale spirituelle de l’Inde.<span id="more-1850"></span></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02522-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1855 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02522 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02522-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Je prétendais vouloir essayer de comprendre l’incompréhensible de ce pays, je ne pouvais pas espérer meilleurs place que mon hôtel. Je ne peux pas ouvrir la fenêtre de ma chambre, sous peine d’avoir le nez plongé dans une fumée malodorante. Pour m’endormir, au dessus des ghâts, j’aurai le choix entre compter le nombre de singes attendant un passant pour lui piquer sa nourriture ou de façon plus morbide, pour être certain de faire des cauchemars durant mon sommeil, je pourrais compter le nombre de corps brulés sur les rives du Gange.</p>
<p style="text-align: justify;">Fasciné par la mort, à peine arrivé, je suis attiré comme un aimant sur les ghâts. Étrange sentiment que de ne pouvoir s’empêcher de regarder la grande faucheuse dans les yeux. Je suis comme figé devant l’horreur, et pourtant je trouve çà beau. La scène est crade, l’odeur de fumée n’est pas aussi nauséabonde que je le craignais (le bois santal sur le bûcher doit y être pour beaucoup) mais aussi paradoxale que çà puisse paraître, la vie et la mort se mélange dans la joie sur des chants en l’honneur Râma.</p>
<p style="text-align: justify;">-Pas de photos sur les ghâts !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02541-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1857 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02541 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02541-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Pas de problème, çà m’évitera les cas de conscience en personnalisant la mort d’un inconnu. Un vieil hindou prend un peu de son temps pour me donner quelques détails sur le rituel de crémation. La famille porte le défunt sur une civière en chantant « Ram Nam Satya Hai » (Le nom de Ram est la vérité). Puis il dépose le corps près du Gange afin de laver le visage du mort avec l’eau sacrée du fleuve. Suivant la richesse de la famille, le bûcher sera plus ou moins près du fleuve, et plus ou moins composé de bois santal. Les proches du défunt déposent le corps inerte dans son linceul sur le bois avant de finir de le recouvrir avec d’autres morceaux. Un homme attitré (comme un prête pour les cérémonies religieuses catholiques), finit le cérémonial et met le feu au bûcher. Le bois s’embrase et les proches restent assis pendant plus de trois heures à fixer le corps se réduire en cendre pendant que l’esprit s’envole. Après une lutte infernale, la dépouille devenue poussière est récupéré par un proche qui la jette dans le Gange. La famille poursuit sa route sans se retourner, un sourire sans joie mais paisible sur leur visage. A cet instant, le vieil hindou me fait remarquer qu’il n’y a pas de femme. En effet, elles sont trop émotives et pleurent trop souvent. Or pour les hindous, la mort n’est pas une fin en soi mais le début d’un nouveau cycle pour le défunt. Il n’y a rien de triste là dedans, surtout qu’avec un peu de chance, sur les bords du Gange, le disparu trouvera le sommeil éternel en atteignant la Moksha ou la délivrance (l’équivalent du Nirvana bouddhique), c&rsquo;est-à-dire la fin des cycles de réincarnation.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02537-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1858 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02537 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02537-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Mais je ne dois pas oublier que je suis en Inde, et même dans le cœur de la spiritualité du pays, certaines choses ne changent jamais. Le vieil homme voudra m’emmener en ville pour acheter la spécialité de la ville… de la soie. Il me raconte fièrement avec ce racisme habituel comment les musulmans, qu’ils méprisent car à ses yeux ce ne sont que des intouchables convertis à l’islam, tissent la soie pendant que les hindous beaucoup plus éduqués tiennent le business en la vendant. Il n’arrête pas de me toucher le bras comme si nous étions les plus grands amis du monde en me demandant sans cesse de lui faire directement un don pour qu’il puisse acheter du bois santal pour les plus pauvres. Quand je refuse, il perd le contrôle et sa patience, il finit par fuir. Merci pour les informations, mais faut pas pousser. Je veux bien être pigeon mais si je dois acheter du bois, je ne lui donnerai jamais directement l’argent.</p>
<p style="text-align: justify;">A la tombée de la nuit, je retrouve deux frangins rencontrés dans le train en provenance de Kajuraho. Sympa et sans prise de tête, ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau, au point d’en faire des jumeaux pour relever un nouveau défi ? Il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas au risque de me noyer dans le Gange. Nous marchons le long des berges ou les feux continuent de brûler sans répits. Les corps arrivent sans cesse, j’ai arrêté de les compter (jusqu’à 150/jour sur le ghâts au pied de mon hôtel). En bon français, cette escapade nous met en retard pour le concert de musique traditionnelle que nous avions prévu de voir. Alors pour se rattraper, nous déambulons dans les ruelles sombres et malfamées de la ville à la recherche d’une bière que nous trouvons beaucoup trop facilement dans une ville sainte. Assis sur le toit de mon hôtel, dans un humour noir typiquement français, nous buvons l’amertume de ces gens impatients de rejoindre le Nirvana.<!--more--></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02587.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1859" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02587" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02587.jpg" width="849" height="186" /><!--more--></a>« Il est cinq heure, Vârânasî s’éveille ! »<!--more--></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02605-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1862 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02605 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02605-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Ah non ! Cà ne marche pas, Vârânasî ne dort jamais comme ces chiens qui hurlent à la mort. Avec les deux français nous embarquons pour un tour de bateau sur le fleuve dans l’espoir d’observer les ghâts s’illuminer, les pèlerins se baigner et le soleil se lever. A l’aide d’une petite bougie fleurie, nous mettons le feu au Gange… nous sommes bénis ! Mais la déception est là, l’expérience n’est pas très chouette et la quantité de barque rend l’aventure totalement inconfortable et impersonnelle. En même temps, c’était totalement absurde de ma part d’espérer trouver une expérience intimiste en Inde.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré la présence permanente des corps inertes sur les berges, je n’en perds pas mon appétit… un petit déjeuner à l’indienne (c&rsquo;est-à-dire frugal) et une sieste matinale me requinquent pour la journée… avant d’être réveillé par des applaudissements ! Pendant que des morts brûlent, que des familles préparent le bois pour l’un de leur proche, que les corps des défunts sont nettoyés, au même moment se déroule une course d’aviron sur le Gange. Les cris d’encouragement couvrent le crépitement des flammes dans un spectacle grandiose et décadent comme seul l’Inde est capable d’en offrir.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02674-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1861 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02674 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02674-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>A peine remis de mes émotions, je suis effaré devant la foule d’indien qui débarque dans mon hôtel. Je sens que les chiens gueulant toute la nuit seront accompagnés des hurlements familiaux typiques des habitants de l’ancienne colonie anglaise. C’est une expérience prenante que d’observer une famille indienne arriver en masse dans un établissement… au point d’en perdre la notion du temps… Une fois de plus avec Nico et Matt (les deux frères français), nous sommes en retard pour la leçon gratuite de Yoga. Pour oublier cet échec, nous partons à la recherche du Blue Lassi dans la vieille ville. C’est un combat de tous les instants car la rue principale est fermée à cause d’un festival « musulman ». Dans leur rang, personne n’est capable de parler anglais pour nous expliquer le sens de cette manifestation. Je réalise à ce moment là que dans ce pays les musulmans sont souvent mis à l’écart et plus pauvre que les hindous. Dans mon esprit, çà restera les habits blancs contre les noirs qui se font face dans une parade violente. D’Istanbul à Delhi, je suis toujours abasourdi par la puissance des mots du prêcheur. Après un Lassi, chocolat-coco, fidèle à sa réputation, nous troquons un festival musulman pour retourner à la folie des croyances hindoues. Sur les quais de Vârânasî, entre les vendeurs de marijuana, les masseurs de paumes, les corps qui brûlent, les émotions dansent pour une énième prière en l’honneur du Gange. Allumez le feu ! Faites sonner les cloches !</p>
<p style="text-align: justify;">La soirée est bon enfant dans le reculé et calme hôtel des français. Nous jouons aux cartes (Les frangins, si vous vous rappelez le nom du jeu indien, je suis preneur), échangeons quelques conseils plus ou moins judicieux pour la suite du voyage. Les heures défilent, les canettes de bières aussi. Je me trouve enfermé dans une prison dorée. Tout le monde dort et je suis bloqué à l’intérieur. Mais comme un cadeau de la providence, un matelas traîne sur le balcon… A ta santé Ganga !<!--more--></p>
<h4 style="text-align: justify;">// Les cheveux qui font mal, c’est le temps des « au revoir ». J’enfile de nouveau ma tenue de voyageur solitaire pour rejoindre une gare où mon train en direction de Calcutta n’apparait sur aucune plateforme. Dans la ville sainte, les écrans de fumée de la spiritualité indienne, ne m’auront pas cachés les jolies rencontres ! Nico, Matt, bon vent à vous !<!--more--></h4>
<p><span style="text-decoration: underline;">Varanasi:</span></p>
<p></p>
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		<title>Comment t&#8217;aimer ?</title>
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		<pubDate>Sun, 09 Mar 2014 09:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Kassé]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Inde]]></category>

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		<description><![CDATA[// Sur les routes de l’amour… Je pars découvrir l’amour indien sous toutes ses formes. L’amour qui s’offre pour l’éternité avec sa merveille du monde : le Taj Mahal. Et l’amour sauvage, reste d’une Inde opulente, où la sexualité se mélange à la spiritualité dans les temples érotiques de Kajuraho. Avant de jouer l’amoureux transi [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;">// Sur les routes de l’amour… Je pars découvrir l’amour indien sous toutes ses formes. L’amour qui s’offre pour l’éternité avec sa merveille du monde : le Taj Mahal. Et l’amour sauvage, reste d’une Inde opulente, où la sexualité se mélange à la spiritualité dans les temples érotiques de Kajuraho.<span id="more-1794"></span></h4>
<p style="text-align: justify;">Avant de jouer l’amoureux transi dans la ville d’Agra, je dois composer avec l’ironie des indiens. Epuisé par une courte nuit de sommeil, à peine assis dans le train, je m’endors paisiblemeeee…</p>
<p style="text-align: justify;">« Excusez-moi ! Excusez-moi !!! Voulez-vous un petit déjeuner ? »</p>
<p style="text-align: justify;">Le personnel du train me réveille sans cesse, pour me proposer un repas, un jus de fruit et plein d’autre chose dont je ne veux pas, car je désire simplement dormir. Mais le comble de l’ironie arrivera lorsqu’il me réveillera de nouveau pour réclamer un pourboire ! Il ne manque pas de culot le garçon !</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis la vitre du train, pendant que j’aperçois la misère de ces femmes malaxant les nombreuses bouses de vaches avant de les faire sécher en rond pour s’en servir comme combustible, derrière moi tous les indiens comptent en anglais. N’y a-t-il pas de chiffre en hindous ? ou est ce simplement par habitude de langage, comme le « moni » qu’ils apprennent dès leur plus jeune âge ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02343-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1797 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02343 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02343-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>J’arrive à l’hôtel où mon chapeau de paille fait toujours fureur. L’établissement et la chambre me font une très bonne impression, malheureusement je constate vite qu’il est à proximité d’un carrefour et du Taj Mahal, ce qui signifie des journées et des nuits rythmées par un concert de klaxons. Sur les conseils judicieux du couple de français que j’ai rencontré dans mon périple râjasthânis, je m’en vais acheter mon billet pour une des sept merveilles du monde modernes. En effet, il est possible de récupérer son ticket la veille au soir pour le lendemain, ceci m’évitera les longues files d’attentes. C’est amusant de voir, qu’il y a une ségrégation « positive ?! » pour le prix des billets. Il est de 20 roupies seulement pour les ressortissants indiens contre 750 roupies pour le reste du monde. Malgré tout Je trouve cette discrimination plutôt bienvenue. Il est important que l’objet de tant de désir soit accessible à tous les indiens, y compris les plus pauvres. En contre partie, la file d’attente est également divisée en deux, et celle réservée aux indiens ne désemplit jamais, mais je crois qu’ils aiment çà…</p>
<p style="text-align: justify;">Le lendemain, c’est à la fraîche (enfin si cette expression a toujours un sens en Inde) que j’arrive dans le parc qui entoure le Taj Mahal. A cette heure ci, comme me l’avait promis le couple de français, il n’y a pas grand monde, si ce n’est des singes qui profitent de la verdure déserte et se gavent des miettes laissées par les touristes. Après de nombreuses fouilles pour des questions de sécurité, me voilà enfin à l’entrée du mausolée. Une grande porte empêche de voir quoi que ce soit, mais déjà, je tombe d’amour pour ce lieu. Je ne vois rien, j’aperçois, je sens, j’imagine, il est temps de franchir le seuil… IMPRESSIONNANT !<!--more--></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02357-800x600modif.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1804" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02357 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02357-800x600modif.jpg" width="480" height="360" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02356-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1798 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02356 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02356-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Dans cette brume matinale, un paradis blanc s’impose au fur et à mesure que j’avance dans les pas du soleil qui se réveille. Un chef d’œuvre ! Une merveille du monde moderne ! Rare sont les monuments qui me transportent, mais aujourd’hui je suis envouté par la pureté de l’édifice. Sa symétrie a été poussée jusqu’à construire une mosquée fictive qui n’est pas orientée vers la Mecque. Le Taj Mahal est un bonheur pour les yeux. L’histoire de ce mausolée, ne fait qu’ajouter grandeur et prestige à l’édifice. Existe-t-il une plus belle preuve d’amour ? Un amour fou, hors du temps… Les lamentations sorties des hauts parleurs de la mosquée amplifient la sensation d’un amour éternel suivi d’une peine incompressible. C’est une chance d’être venu si tôt, je me sens seul, la chair de poule saisit mon corps quand le soleil habille progressivement les murs du Taj d’une robe blanche éclatante. Visiter le mausolée à la première heure est une chose à ne manquer sous aucun prétexte. L’Inde sans passer par le Taj Mahal c’est un peu visiter la France sans boire une goutte de vin, c’est possible mais ne manque t on pas l’essentiel ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02411-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1799 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02411 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02411-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>En contraste avec la beauté irréelle du Taj et son jardin, la ville d’Agra n’est pas gâtée par la nature. C’est une des plus polluée que j’ai pu voir en Inde, et çà veut dire beaucoup. Même à midi, lorsque le soleil est à son zénith, il a aussi peu d’intensité qu’à l’aube à cause du nuage de pollution qui règne en maitre sur la ville. Je passe de longues heures à regarder ce vieil homme retranscrire des papiers sur sa machine à écrire d’un autre temps pendant que sa femme, assise devant le seuil de leur garage qui sert de bureau, récolte les informations. Après tant d’années, il suffit de les voir travailler ensemble pour comprendre qu’il y a là plus qu’une complicité, il y a un amour qui n’aura jamais de Taj Mahal mais qui n’en reste pas moins grand et passionné. Je suis sous le charme !</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le cœur léger que je m’en vais vers la gare pour prendre un nouveau train de nuit en direction de ce que j’imagine être l’érotique ville de Kajurahuro. Ne sachant pas que dans le même wagon, il y a un bloc seconde et troisième classe, je m’installe sur une couchette avant qu’un jeune m’explique qu’il s’agit de la sienne. Je veux bien le croire car il n’y a que quatre couchettes dans le bloc et avec mon billet troisième classe, il devrait y en avoir six. Mais peu importe, je suis bien dans ce bloc, alors je pique une couverture et m’installe sur une couchette vide. Je passe une paisible nuit. Personne ne viendra contrôler mon ticket contrairement à mon voisin. Cette nuit facile, m’a mis de bonne humeur, je suis en forme et prêt à affronter l’Inde et son peuple exigeant. Du coup, je trouve un restaurant où je passe dix minutes à négocier le prix pour obtenir 10% de réduction sur la note. Mais le plus important, la nourriture est excellente, alors j’entame déjà les négociations pour le repas du soir. J’obtiens mon tarif maison pour tous les plats de la carte.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02430-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1801 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02430 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02430-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>La journée déjà bien entamée, je laisse la visite des temples pour le lendemain et je m’enfonce dans le vieux quartier de Kajuraho en compagnie de deux jeunes indiens rencontrés sur la route. Je suis de nouveau choqué par la difficulté des conditions de vies de certains indiens dans les campagnes. Kajuraho est une toute petite ville où l’on peut encore apercevoir les différents quartiers en fonction des classes, il n’y a pas besoin d’être un expert pour reconnaître la place des intouchables… Le trouble qui m’envahit ne fait que croitre lorsqu’un gamin de dix ans joue à l’éleveur de serpent. Je ne m’y ferai jamais avec ces bêtes rampantes. Je file me réfugier dans les petits temples égarés où les positions érotiques ne manquent pas. J’apprends que le dragon est là pour contrôler l’esprit. Mais alors que signifie cette statue où une femme tire la queue de ce monstre ailé crachant du feu ?</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai définitivement quitté l’amour sensuel du Taj Mahal pour plonger au cœur de l’amour violent et sauvage qui anime la flamme indienne. Le plus âgé des deux jeunes qui m’accompagnent est fier comme un coq de m’avouer qu’il a eu sa première relation sexuelle avec une « Call girl ». Il y a peu de temps, un de ses amis avait appelé une de ces filles qu’ils ont partagée pour son anniversaire. C’est triste mais pas très surprenant vu l’absence d’intimité qui existe dans ce pays. Mais je tombe des nues quand il me dit que je suis chanceux.</p>
<p style="text-align: justify;">-Pourquoi ?</p>
<p style="text-align: justify;">Naïvement, je m’attends à la réponse classique mais néanmoins assez vraie : je suis français, je peux voyager, j’ai de l’argent. En réalité je suis loin du compte…</p>
<p style="text-align: justify;">-Tu es chanceux, car tu es blanc et toutes les femmes blanches sont des putes ! Tu as juste à sortir et à choisir celle que tu veux… m’annonce t il d’un sérieux qui me fait peur.</p>
<p style="text-align: justify;">Il justifie sa vision en appuyant le fait que toutes les actrices pornographiques sont blanches. Le plus inconcevable c’est qu’il n’y a pas de place pour la modération dans son esprit. Les films sont la réalité. Les actrices blanches deviennent toutes les femmes blanches… Sous le choc, les bras m’en tombent et je ne sais quoi lui répondre. Je passe la soirée, seul au restaurant, où les coupures d’électricités accompagnent mes pensées désabusées. C’est avec la lumière d’une bougie vacillante que j’écris quelques mots sur les dangers de l’information mal contrôlée…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02458-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1802 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02458 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02458-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Regonflé par une nuit que je n’aurai jamais imaginée si calme, je pars explorer le temple de Shiva où j’ai droit à mon tilak de bonne chance. J’enchaîne avec la visite des temples voués au tantrisme. Il est amusant de chercher dans ses murs, les statues érotiques disséminées au milieu des scènes de vie. Une représentation assez réaliste des joies du monde. Par contre faudra m’expliquer pour les chevaux ?! L’érotisme s’est envolé pour laisser place aux fantasmes les plus fous… Certains ont tellement joué avec le feu qu’ils semblent avoir brulé la fleur… Faut-il partir en vrille et tout essayer pour trouver l’orgasme tantrique ? Je vous laisse seul juge…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02508-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1803 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02508 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/03/DSC02508-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>A la sortie des temples, je retrouve un commerçant avec qui j’échange quelques mots. Il m’offre un thé, quand j’aperçois un français rencontré dans le train qui devait avoir une expérience de woofing. Vingt quatre heures après, elle est déjà finie ?! Je cours à sa rencontre pour le saluer, mais ma chance m’a déjà quitté comme mon tilak que j’ai frotté malencontreusement. Dans ma course, mon téléphone portable a sauté, je m’en aperçois cinq minutes plus tard, mais il est déjà loin… très loin… Des gens ont vu deux jeunes jouer avec de l’autre côté de la rive. Les chauffeurs de tuk-tuk essayent de m’aider en essayant d’appeler mon numéro. La ligne est coupée, voilà déjà une bonne nouvelle. Nous partons ensuite dans une chasse à l’homme aussi amusante qu’inutile. Mais çà égaye la journée des indiens, qui se prennent pour des détectives de renoms… tout le monde veut jouer, mais malgré toute leur bonne volonté, le résultat est un échec sur le plan matériel. Cependant pour moi, il s’agit d’une belle réussite, j’ai partagé une heure pleine de vie en leur compagnie sans qu’une seule fois il ne soit question d’argent.</p>
<p style="text-align: justify;">Me voilà, sans montre, sans réveil, simplement guidé par mes envies… Je deviens libre et/ou prisonnier de mes pulsions pour la suite de voyage. Je suis impatient de vivre cette nouvelle expérience. Çà m’excite !<!--more--></p>
<h4 style="text-align: justify;">// Ses vestiges du passé m’ont conforté dans mon impression. Que l’amour soit tragique, violent, brulant, sexuel, érotique, sensuel, envoutant, rêveur, magique ou éternel, l’important est qu’il soit joué avec… PASSION !<!--more--></h4>
<p><span style="text-decoration: underline;">Agra:</span></p>
<p></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Kajuraho:</span></p>
<p></p>
<h4></h4>
]]></content:encoded>
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		<title>Mon nom est Pur, Udaipur !</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Feb 2014 08:58:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Kassé]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Inde]]></category>

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		<description><![CDATA[// Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Question pour un champion. Top. Je suis la ville de naissance de la panthère Bagheera. Je fus un état princier sous l’ordre des Mahârânas avant d’être rattaché au Rajasthan en 1949. J’abrite le Lake Palace au milieu d’un lac artificiel nommé Pichola. Je suis principalement connu [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;">// Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Question pour un champion. Top. Je suis la ville de naissance de la panthère Bagheera. Je fus un état princier sous l’ordre des Mahârânas avant d’être rattaché au Rajasthan en 1949. J’abrite le Lake Palace au milieu d’un lac artificiel nommé Pichola. Je suis principalement connu pour être le terrain de jeu de James Bond (à l’époque où il était encore un espion au regard séducteur et aux cheveux… bruns !) dans le film Octopussy… Je suis, Je suis… Pur, Udaipur !<span id="more-1723"></span></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02134-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1727 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02134 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02134-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Après la parenthèse enchantée de Ranakpur et avant de rejoindre ma dernière étape au Rajasthan, dans le bus je retrouve l’Inde que je n’aime pas. Non pas à cause de sa chaleur (34 degrés à l’ombre) mais plutôt par la connerie de ses habitants dès qu’ils ont un peu de pouvoir. Complètement brassé à l’arrière du véhicule, je demande au contrôleur si je peux m’asseoir sur le siège vide à côté de lui à l’avant du bus.</p>
<p style="text-align: justify;">-NON ! Et bouge tes jambes de l’allée !</p>
<p style="text-align: justify;">Fier comme un coq, il dépose un tissu et sa machine sur le siège afin d’être certain que je ne prenne pas la liberté de m’y asseoir. Une place devant finie par se libérer et je file la récupérer sans demander l’autorisation à qui que ce soit. Après quelques minutes, je me sens mieux, il n’est plus question de vomir mais de jouer un peu. Je demande au contrôleur d’enlever sa main de mon siège (qui soit dit en passant ne me gênait absolument pas), mais quand on nait con on est con ! Alors il n’y a pas de raison… Puis des jeunes finissent par s’asseoir à côté de moi, ils parlent un peu anglais et je me réjouis d’avance de pouvoir dialoguer avec eux. Je déchante très vite, car leur discours peut se résumer en deux mots : « How much ? ». Ils veulent m’acheter mon Ipod, mes chaussures, tout, la seule question qui les intéresse et de savoir combien je suis prêt à les vendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le voyage me parait bien long et éprouvant. J’arrive à la gare un peu excédé, et sans m’en rendre compte je fais mon indien. Je demande le prix à un rickshaw pour rejoindre mon hôtel. Il m’annonce 50 roupies normalement, mais comme le centre est fermé à cause de Diwali, il est obligé de faire un long détour et du coup c’est 100 roupies. Je n’essaye même pas de négocier avec lui, je prends note de son information et m’approche d’un second chauffeur qui m’annonce 100 roupies.</p>
<p style="text-align: justify;">-OK. Mais seulement si tu me poses devant l’hôtel.</p>
<p style="text-align: justify;">-No problem. No problem, je connais je connais…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02144-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1729 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02144 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02144-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Ils n’y a jamais de problème et ils connaissent toujours. Mais comme d’habitude, à peine monté dans le rickshaw, il s’arrête dix mètres plus loin pour demander où se situe l’hôtel à un de ses collègues. Il finit par me déposer devant les portes fermées du centre ville. Je ne lui donne que cinquante roupies, et lui dit que les cinquante qui manquent se trouvent sur le perron de l’hôtel. Il a juste à m’accompagner. Il prétend que le bâtiment n’est qu’à cent mètres mais il refuse de m’accompagner et finit par accepter uniquement l’argent que je lui ai déjà donné avant de partir. Je comprends très vite pourquoi il n’a pas voulu me suivre, les cents mètres se sont transformés en kilomètre. Et pendant ce temps à marcher jusqu’à ma chambre, j’ai le temps de réaliser que je pense et réagis comme un indien. Cette capacité d’adaptation a parfois un côté effrayant. Je n’aime pas ce caractère là, même si je dois avouer que dorénavant j’ai la technique avec les vendeurs et personne ne veut plus rien me vendre. Une fois l’aspect business évacué, çà me permet de discuter d’autre chose beaucoup plus intéressant avec eux. C’est comme çà que je passe l’après midi assis dans l’entrée d’un magasin à regarder la vie défilée en dégustant l’excellent chai local (thé indien) avec son propriétaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02142-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1730 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02142 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02142-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Je ne sais pas si c’est parce que nous sommes en pleine période de festival Diwali, mais je trouve la majorité des gens souriants à Udaipur. Et en parlant sourire, le réceptionniste de l’hôtel me demande s’il y a une raison particulière au fait que je souris en permanence. J’ai envie de lui répondre que j’ai eu de bons professeurs (Petite dédicace à Marjo et Lucia, les reines du sourire !). Cependant je lui offre une réponse beaucoup plus formel mais tout aussi vrai…</p>
<p style="text-align: justify;">-Pendant le voyage, le meilleur vecteur de communication avec les locaux reste un regard souriant. C’est ma méthode pour n’attirer que les indiens sympathiques, ceux qui comprennent les sourires magiques. Vous êtes tellement nombreux qu’il me faut bien faire une sélection, non ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02152-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1731 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02152 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02152-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Sans me retourner, je sors pour suivre un jeune qui a répondu à mon appel. Il m’accompagne jusqu’au restaurant où travaille son père, le bien nommé « The Little Prince ». Je m’installe sur le pont qui traverse le lac artificiel Pichola pour observer avec délice le vol des oiseaux autour du Lake Palace qui a servi de décor au tournage du film Octopussy. Il n’existe qu’un seul mot pour décrire ce que mes yeux ressentent… Magnifique !</p>
<p style="text-align: justify;">La nuit finie par tomber et je me mets sur le chemin du retour dans un concert de pétards et de lumières… Je passe une petite heure à déposer de la poudre colorante pour faire un dessin avec deux jeunes filles devant le magasin de leur parent Je profite de la complicité de la grande sœur pour surprendre et faire peur à la petite ! Tout le monde éclate de rire ! Happy Diwali ! Je me réjouis de la beauté de cette ville, mais je me délecte encore plus de son atmosphère paisible et heureuse… est ce toujours comme çà ou s’agit il d’une simple illusion en période de festival ? Peu importe, je m’endors au porte du paradis… où il existe encore quelques ennuis !<!--more--></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02172-800x600modif.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1734" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02172 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02172-800x600modif.jpg" width="480" height="360" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align: justify;">Ces chiens qui gueulent m’emmerdent. Enfin c’est le tiers monde ici, et dans le tiers monde les chiens gueulent dès cinq heures du matin. Faut s’y habituer… CONNARD DE CLEBS ! Il fait chaud, très chaud et au bord de l’eau je m’évade dans mes pensées et ce maudit bouquin d’indécision. Je perds pied, j’ai la tête qui tourne… cet étrange sentiment d’être hors du temps m’envahit ! Je me sens emporté dans une stratosphère en perpétuel mouvement fixe. Le seul lien qui me rattache à ma condition est cette envie de pleurer pour aucune raison. Pleurer pour pleurer. Se vider totalement, une fois de plus, une énième fois telle une masturbation frénétique… Cracher ma profonde médiocrité !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02201-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1738 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02201 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02201-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Je me ressaisis et je pars visiter le city Palace d’Udaipur. Ce fut le palais des Mahârânas (je ne suis pas sur d’avoir bien compris la différence entre les Maharajas et les Mahârânas, mais à priori il s’agit d’un titre lors de la colonisation des Indes par les anglais. Les Mahârânas n’auraient pas signé de convention avec les britanniques contrairement aux Maharajas… Ceci reste à vérifier et si quelqu’un connait les détails, je suis preneur !). Ce palais est un hymne aux couleurs et au faste, il correspond totalement à l’imagination que je pouvais en avoir. Contrairement à la visite du palais des sultans à Istanbul, je ne suis pas déçu ! Néanmoins, ce n’est pas une visite facile. Faut se les cogner les « gros ventres » indiens en visite pendant leurs vacances de Diwali. Çà bouscule de partout dans les petits couloirs du palais. C’est impressionnant, et au moment où je pense trouver un peu de répits dans la cour, un groupe vient m’aborder pour discuter. Ce sont des musulmans, et ils veulent essayer de me convertir ! Toujours le même problème dans cette région du pays, je comprends très vite comment les tensions et les massacres ont pu être extrêmes au moment de la fuite des anglais et la scission du pays avec la création du nouvel état Pakistanais. Même après tant d’années, les communautés hindoues et musulmanes ne se parlent pas. Doux euphémisme. Quant aux blagues des uns sur les autres, elles n’ont pas la nature « gentiment moqueuse » que nous pouvons avoir avec nos blagues sur nos amis belges.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02229-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1736 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02229 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02229-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Ce qui ne change pas non plus, c’est ce besoin maladif qu’ils ont de me coller. Même lorsque la file d’attente et quasiment vide pour le spectacle folklorique du soir, ils ont besoin de supprimer tout espace libre entre eux et moi… ETOUFFANT ! Quant au spectacle, il vaut le détour, les danseuses très habiles sont envoutantes. Certaines se couvrent de grâce quand elles dansent, j’arriverai presque à les trouver jolies si elles n’avaient pas le couteau entre les dents. Ces princesses d’Udaipur n’ont pas eu besoin de me tailler un sourire au couteau pour que j’arbore une banane jusqu’aux oreilles. C’est un vrai show, avec un public enthousiaste (pas seulement des touristes). Je m’émerveille comme un enfant devant les joueurs de marionnettes. Guignol est au Rajasthan ! Je plonge dans mon esprit pour l’interroger… « un fakir, est ce quelqu’un qui peut marcher sur les braises fumantes ou du verre brisé ? Alors la danseuse avec ces pots sur la tête et son verre pilé sous la plante des pieds, était elle un fakir ?! Si oui, défi relevé ! (<a title="Les défis" href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/?page_id=709" target="_blank">http://www.tictacaroundtheworld.fr/?page_id=709</a>) »<!--more--></p>
<h4 style="text-align: justify;">// Sans certitudes à propos des fakirs, je quitte la superbe et sympathique Udaipur avec la tête pleine de rêves et d’étoiles. Mon périple au Rajasthan se termine en apothéose. Tous ces challenges depuis mon arrivée en Inde, toutes ces bousculades extérieures et intérieures m’ont usé mais aujourd’hui je suis un homme heureux qui a l’intime conviction que pour apprécier les charmes indiens il faut visiter les villages (+ 300 000habitants) plutôt que les villes…<!--more--></h4>
<p><span style="text-decoration: underline;">Udaipur:</span></p>
<p></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Diwali, coup de coeur !</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Feb 2014 07:39:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Kassé]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[// Pas de train pour rallier Ranakpur. Je me dirige vers la station de bus local avec la même insouciance que lors de mon débarquement en Inde. A peine arrivé, me revient en mémoire les scènes de vie décrites par Aravind Adiga dans son roman, « Le tigre blanc ». Tous les indiens essayent de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;">// Pas de train pour rallier Ranakpur. Je me dirige vers la station de bus local avec la même insouciance que lors de mon débarquement en Inde. A peine arrivé, me revient en mémoire les scènes de vie décrites par Aravind Adiga dans son roman, « Le tigre blanc ». Tous les indiens essayent de se peser sur la balance magique qui fait du bruit et de la lumière. Contre deux roupies, dans un vacarme de fêtes foraines, elle t’offre ton poids sur un petit papier contenant une prédiction pour ton futur…<span id="more-1710"></span></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02025-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1712 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02025 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02025-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Malheureusement, ce matin, les astres ne sont pas avec nous. C’est la désillusion pour la foule qui s’est amassée autour de l’objet vénéré. Malgré la roupie glissée par chacun, la balance de la station de bus ne fonctionne pas. Quel déception pour les indiens ! Heureusement pour eux, leur attention est vite détournée quand je m’approche comme un ignorant. Peu habitué à voir des touristes trainés dans la gare locale, ils me dévisagent comme une bête de foire, jusqu’à oublier le disfonctionnement de la balance. Si je peux leur servir à quelque chose, c’est avec plaisir que j’ajoute un sourire au coin de mes lèvres malgré l’heure matinale. Après un passage au guichet qui m’annonce que l’ouverture de la billetterie se fait uniquement quinze minutes avant le départ du bus, je me jette un grand verre d’eau fraîche sur le visage pour réveiller la bête. Le combat va être féroce pour décrocher le sésame. Çà n’a pas manqué ! Foire d’empoigne, gueulante et retards furent au rendez vous ! Assis dans le bus, j’en viens à croire qu’ils aiment vraiment le bordel. Si tout se passe bien, ils sont perdus, sans repères, alors que s’ils peuvent crier, se bagarrer, ils doivent se sentir vivant et tout va mieux. Le peuple indien est très croyant, et notamment dans la réincarnation pour les hindouistes, mais paradoxalement j’ai l’intime conviction qu’il s’agit d’une population effrayée par la mort. Toutes ces cérémonies qu’ils font dans la crainte de ce qu’il pourrait se passer si elles ne sont pas célébrées. Le bruit permanent qui règne dans le pays est un moyen de se convaincre que la vie est toujours là…</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à moi, au milieu de ce joyeux bazar, petit à petit je trouve mes marques et je ne suis même plus étonné lorsque le bus double un chameau sur l’autoroute. Je conduis mes pensées qui me mènent sur la voie de la compréhension des grandes âmes charitables en Inde (Mère Teresa, Gandhi, etc.…). Les indiens sont tellement nombreux, miséreux pour la plupart d’entre eux, mais surtout indifférent à leur sort, un égoïsme très particulier. Donc en les aidants, pas de médaille à espérer, au mieux vous recevrez un sourire, au pire une claque. Et tout le monde s’en contre fiche. L’inde est le terrain de jeu parfait pour qui veut assouvir ses envies de générosité, nettoyer sa culpabilité profonde sans besoin de reconnaissance pour ses actes bienveillants. Si vous vous sentez l’âme d’un nouveau Jésus, à prêcher la bonne parole tout en recevant des coups pour çà, l’Inde est à vous…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02040-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1714 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02040 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02040-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Sur ces pensées, le bus me dépose au milieu d’une forêt, bienvenue à Ranakpur ! Je visite le sublime temple Jaïn. Malgré sa beauté, je n’arrive pas à m’enlever de l’esprit cette question qui me taraude… Comment profiter au maximum de Diwali lorsqu’on est plongé au milieu de nulle part ? En effet, c’est la grande fête dans tous le pays. La version pour faire simple de Kévin : c’est le jour de l’an mélangé à la fête des lumières de Lyon, le tout un 14 juillet pour les feux d’artifices. La version officielle d’après wikipédia : Diwali, c&rsquo;est la fête des lumières, à l&rsquo;occasion de laquelle on s&rsquo;offre des cadeaux et tire des feux d&rsquo;artifice. Les festivités durent cinq jours, dont le troisième, le plus important, est consacré à la déesse Lakshmi, déesse de la Fortune, et de la richesse inhérente ou de l&rsquo;abondance. Ce troisième jour est aussi le dernier de l&rsquo;année du calendrier hindou Vikram, utilisé dans le nord de l&rsquo;Inde. Le lendemain, début de la nouvelle année hindoue, est connu sous le nom d’Annakut dans le nord de l&rsquo;Inde. Et bien évidement aujourd’hui, nous sommes dans le nord du pays et… le fameux troisième jour du festival.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02059-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1715 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02059 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02059-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Depuis le temple, pas de taxi, pas de rickshaw, alors je m’en vais à pied à la recherche de mon hôtel. C’était sans compter sur un motard qui s’arrête et se propose de me déposer trois kilomètres plus loin. Happy Diwali ! çà fait du bien à la tête et… aux jambes ! Sur le chemin nous croisons pléthores de singes qui nous laissent circuler sagement assis au bord de la route comme des humains. Joli miroir de nous même ! Et dans la glace de la vie indienne, on trouve des gens sympathiques, ceux de l’hôtel (bien qu’un peu cher) sont exceptionnels. Je suis le seul client (comme toujours en ces périodes de célébration, cf : <a title="Noël avant l’heure !" href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/?p=1227" target="_blank">http://www.tictacaroundtheworld.fr/?p=1227</a>), alors ils m’invitent à participer au préparatif du festival. Tout en plaisantant, nous roulons le coton qui sert de mèche à déposer partout pour illuminer l’hôtel. Chanceux d’avoir refusé un verre d’alcool, je peux participer à la prière avec le grand père et le sage invité à cette occasion. Je suis béni, Lakshmi, veille sur nous. Mais comme un symbole de la différence avec le Népal, ici, c’est à moi de faire une offrande d’argent à Lakshmi (pour en gagner plus dans l’année à venir). La famille est au grand complet dans l’hôtel, d’ailleurs la petite fille à qui je confie l’appareil photo s’amuse comme une folle. Nous essayons de communiquer ensemble. Pas facile mais très drôle, surtout lorsqu’elle joue les princesses comme les grandes avec son voile et ses souliers surélevés. La soirée se termine avec un énième gâteau indien, délicieux mais terriblement sucrée, pour accompagner les pétards et les feux d’artifices de cette famille qui célèbre Diwali au milieu de la forêt. Je m’en vais souriant mais légèrement choqué de voir que les enfants s’amusent à se balancer des pétards dessus, ce qui a pour effet de… faire rire les adultes. Tout se finira bien à Ranakpur, mais combien d’accidents à Delhi ou ailleurs ?! Peu importe, ce soir, je me sens de plus en plus familier avec ce monde étrange et fascinant qu’est l’Inde !<!--more--></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02091-800x600modif.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1717" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02091 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02091-800x600modif.jpg" width="480" height="360" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02126-800x600modif.jpg"><img class="wp-image-1716 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02126 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02126-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Ayant quelques heures à tuer avant que le bus ne m’attrape sur le bord de la route pour Udaipur, j’en profite pour aller me balader dans la forêt environnante. Je tombe sur une famille isolée, très pauvre, mais très souriante. Ils me font comprendre sans parler un mot d’anglais que je dois rester un moment avec eux. C’est avec plaisir que j’accepte un thé préparé par les filles de la maison, pendant que le père de famille me montre ses anciennes pièces d’identité. Je suis pétrifié devant le changement d’expression de son visage. Sur les photos, il semble en pleine forme, et les personnes que j’ai à côté de moi, bien que souriantes et vivantes, sont usées par leurs difficiles conditions de vie. L’insalubrité et la pauvreté ont généré beaucoup de malformation dans cette maison. Des excroissances sur les doigts, un œil qui divague chez le fils, une dentition à faire pâlir n’importe quel dentiste. Néanmoins le thé qu’il m’offre et une pure merveille, blindé de sucre et chauffé aux bouses de vaches qu’ils font sécher pour s’en servir comme combustible. Soit dit en passant, du sucre, la famille en mange toute la journée pour survivre. (Explication des malformations ?!). C’est au moment où j’étais prêt à plier bagage que débarque le sage de la veille, il vient déposer le tilak à toute la famille en échange de dix roupies par personne. C’est un très bon business, car même miséreux les gens s’exécutent sans broncher…<!--more--></p>
<h4 style="text-align: justify;">// Pour la postérité, je prends une dernière photo du chef de maison, coiffé de son plus beau turban en compagnie de sa chèvre colorée pour le festival Diwali. Seul avec mon sac sur le dos, je m’en retourne le long de la route en attendant le bus. Sans même m’en rendre compte, je sifflote avec les oiseaux et un plaisir non dissimulé… Happy Diwali !<!--more--></h4>
<p><img title="Lire la suite…" alt="" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" /><span style="text-decoration: underline;">Ranakpur:</span></p>
<p></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Au club des 3J !</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Feb 2014 10:46:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Kassé]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Inde]]></category>

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		<description><![CDATA[// Les 3J ne sont pas un pas un nouveau complot de la famille Jackson qui aurait décidée de faire pousser du blé sur les terres arides du Rajasthan en remixant les plus grands bides des Jackson Five &#38; des 3T. Bien entendu, comme dans n’importe quel jeu indien qui se respecte, il y aura [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;">// Les 3J ne sont pas un pas un nouveau complot de la famille Jackson qui aurait décidée de faire pousser du blé sur les terres arides du Rajasthan en remixant les plus grands bides des Jackson Five &amp; des 3T. Bien entendu, comme dans n’importe quel jeu indien qui se respecte, il y aura des gros ventres en vacance bousculant des maigrelets dans un joyeux bordel de couleurs et d’odeurs… Ce jeu de société est un mélange étrange entre le jeu des sept familles et celui des différences. A l’image du poker, sors tes lunettes, visse ta casquette, accroche ton estomac et distribue les cartes de la vie !<span id="more-1579"></span></h4>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Jaisalmer, l’illusionniste:</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01701-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1584 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01701 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01701-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>La carte qui te fera croire que la chance n’est pas avec toi, que tu possèdes une mauvaise main, que la journée commence de la pire des manières. Tu arriveras sous une à chaleur à tuer un dromadaire, les valises sous les yeux et tes deux sacs accrochés sur le dos. Il ne te restera plus qu’à cacher la misère en ajustant tes lunettes, dans le reflet de tes verres apparaitra la carte déposée par le croupier, celle de l’espoir, elle t’offrira une paire inespérée qui peut faire basculer la partie. L’hôtel dans lequel tu te relaxeras pour prévoir le coup suivant sera majestueux, ses chambres aux sensualités orientales contrasteront avec sa cour Disneyland où mickey se noie dans le fond de la piscine. Tu imagineras déjà la tête de tes adversaires, acculés sous l’eau par une mise improbable. Excité comme un gamin, il te faudra faire durer le plaisir, et dans ses minutes de liberté tu divagueras au rythme de tes idées (doucement, tout doucement…) dans les rues sales et dorées du grand village qu’est Jaisalmer. Tous les  champions connaissent le risque du relâchement, c’est au moment où l’on s’y attend le moins qu’il frappe. Une meute de chiens affamés se mettra à courir dans ta direction, tu repenseras à Tristan, tes yeux se fermeront pour laisser les images de ta vie défiler… Sauvé ! T’es sauvé mec. Sauvé par un chien malade qui se couchera devant toi. Ouff ! (de soulagement, pas le cri du chien) Pour lui la partie sera malheureusement finie, faut dire qu’ici il n’y a pas de place pour les malades, pas de place pour les faibles, les égouts ne suffisent pas à rassasier tous les animaux…</p>
<p style="text-align: justify;">Soulagé de ne pas être le premier à quitter la table, tu commanderas un petit encas pour relancer le jeu. Tu seras ravi de déguster ces petits repas locaux, très bons et typiques qui ne seront pas sans te rappeler la partie gagnée en septembre dans ton QG du Western Tandoori de Katmandu. Tu te laisseras amadouer par les sympathiques serveurs. Pour la première fois depuis que la partie indienne a commencé tu te sentiras bien… Mais très vite, tu comprendras le stratagème, pour te faire fléchir, tes adversaires auront postés pleins de gentils népalais autour de la table. Souvenir, souvenir ! Pris de nostalgie, tu rêveras du bon temps, mais la mélancolie n’a jamais été bonne conseillère… Plouff ! Tu tomberas dans la Merde ! (ceci n’est pas une métaphore mais une phrase à prendre au premier degré) De la merde jusqu’à la taille ! Dans tes rêveries tu n’auras pas aperçu les égouts le long de la route. Heureusement, çà sera avec le pied gauche que tu glisseras. Dépité, tu lanceras un regard répugnant à la carte Jaisalmer que tu tiendras par le col dans ta main droite…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01734-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1586 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01734 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01734-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>« Jaisalmer, tu m’avais promis que çà serait différent, qu’ensemble nous irions mélanger les couleurs dans la cabane du voyageur. Mais pour l’heure, c’est avec tristesse que je constate que rien ne bouge… des chances que rien ne bouge ?! Jaisalmer, ton ciel devient rouge ! Regarde un peu tes habitants, ils me sautent dessus pour montrer leur business… Jaisalmer, regarde un peu tes enfants, ils sont comme ceux de Delhi à réclamer sans cesse avec leurs trois mots d’anglais… « Hello ! Ten roupies ! »… sans autre justification que leurs mains tendues de façon désinvolte. » Perdu, ton esprit se tourmentera, l’air de rien, les questions s’enchaîneront… « Surprenant de voir qu’il n’y a pas de complicité entre les indiens. C’est une drôle de civilisation, très cloisonnée, très hiérarchisée, les arnaques se font aussi entre eux… Comment peut-il en être autrement… qui voudrait payer pour ces pots cassés ? La tension est palpable dans la rue, je ferai bien de ne pas faire le malin… regarde-le m’offrir son sourire de façade… il dupe certains touristes, mais je vois bien qu’il n’y a pas d’échange possible. Imagine toi, à ses yeux, je suis moins qu’un intouchable, je n’entre dans aucune caste, mise à part celle des mécréants… Est-ce le système des castes qui rends les indiens aussi peu accueillants ? La religion est très forte dans ce pays, ce qui pourrait être une terre merveilleuse, un exemple aux yeux du monde de la réussite à cohabiter entre hindous, musulmans, bouddhiste, etc… n’est au final qu’un problème supplémentaire qui renforce le cloisonnement de ce peuple. Cette société sans échange me laisse perplexe et pantois. Seule la famille importe (vaches inclues) et quelques millions de dieux… Quant au reste du monde, il est seulement un potentiel terrain d’arnaque à réussir… Mais moi, je n’ai qu’une pauvre paire en main, et pour l’instant je ne vais pas aller loin dans cette partie… Relancer ou ne pas relancer… Difficile d’obtenir des réponses quand même pour un sourire on vous demande de l’argent… Je n’ose pas imaginer le prix d’une discussion sur la culture Indienne… »</p>
<p style="text-align: justify;">Cet instant, à l’heure où tu t’égareras, il faudra que tu relances. Relance ! Ton adversaire t’offrira une bière et 10% de réduction dans son restaurant. Tu seras suspicieux, çà fait longtemps que tu n’auras plus les idées claires mais tu accepteras car la faim commande. Tu n’arriveras pas à profiter de l’offrande car tu chercheras en permanence ce que çà cache. Rien. Mais tu n’aura plus confiance. Dommage. Irréversible ? « Laisse donc du temps au temps… Va te reposer, ce premier jour a été éprouvant, et la partie ne fait que commencer » te soufflera ton esprit chagriné.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01772-modif-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1600 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01772 (modif) [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01772-modif-800x600modif.jpg" width="287" height="216" /></a>« Que se passe-t-il ce matin ? Tout le monde est sympa, souriant et accueillant… suis-je encore dans mon sommeil rêveur ? » Tu te pinceras, mais rien n’y fera, tu seras déjà debout et profiteras des compliments que t’offrira ce jeune homme en allant s’asseoir à côté de toi à la table de jeu. Il te trouvera beau, bien évidement, tu ne seras pas intéressé par les garçons mais il a peut être de jolies copines alors tu le taquineras pour savoir où il les aura cachées. « C’est vrai çà… pourquoi y a-t-il si peu de femmes dans la rue ? Les seules que je croise, un balai à la main, traînent leur misère dans des voiles de couleurs… Le Pakistan ?! » Avant même de t’enfoncer dans des réflexions géopolitiques dont tu ne maîtriseras ni les tenants ni les aboutissants, surgira la serveuse de ton petit shop préféré à Jaisalmer. Elle aura troqué son balai contre un plateau de petits fours pour t’aider à bien démarrer la partie. Tu trouveras les mots pour la faire rire, jusqu’à ce qu’un petit garnement vienne t’accrocher la manche. Il voudra un autographe sur un billet de&#8230; « ten roupies ». Lui répondre que tu n’as que ton sourire à lui offrir ne semblera pas l’inonder de joie. Il repartira tête baissée et te voilà avec un followers de moins. La direction annoncera que suite à un problème technique, la partie sera repoussée dans l’après-midi, tu profiteras de cette opportunité pour te ressourcer au bord du lac. Le rickshaw de la veille te verra sur la route et proposera de te déposer gratuitement car il ira dans la même direction. Une matinée faite de générosité et de gentillesse… « Un signe du destin pour me réconcilier avec l’Inde ? Et si la partie n’était pas encore perdue ? Je ferai bien de piquer une tête dans le lac pour me rafraîchir… Putain ! Mais qu’est ce que c’est que toutes ces bestioles ?! Anguilles, murènes ou je ne sais quel serpent d’eau douce à moustache. » Tu sortiras le flash pour immortaliser l’instant, çà crépitera et sous le filtre jaune de la misère tu te verras disparaître quand s’éclairciront les pauvres joueurs indiens.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01780-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1587 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01780 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01780-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Avec une heure de retard (parfaitement à l’heure dans les standards indiens), la partie reprendra ses droits dans un nouveau décor. Direction le désert à dos de chameau. Tu feras attention à ne pas lever le petit doigt lorsque tu te rempliras le gosier d’une eau fraîche et sans saveur. En effet, pour les indiens, avoir le petit doigt levé signifie qu’on veut faire pipi. « Certainement une réminiscence des moqueries sur la bourgeoisie anglaise et ses vieilles dames qui boivent le thé le doigt levé. » Quant à la partie, les tours s’enchaîneront sans problème. Personne ne tombera du chameau. Il faut dire que c’est agréable et plus confortable que l’éléphant. Lorsqu’il se met à courir, ton cœur s’harmonise au rythme de ses pas… Pas de Panique ! Tu profiteras de ces moments sans craintes pour faire la connaissance d’un couple de compatriote très intéressant dont la femme connait les « plans d’automnes ». Ils t’apprendront que le chameau est le symbole du désert et de l’amour, car si tu peux aimer un chameau et son haleine fétide, alors tu es capable d’aimer tout le monde. « Bob Marley. Quel drôle de nom pour un chameau… Tu sais moi je t’aime bien, j’aime tout le monde d’ailleurs, même les indiens… Allez viens qu’on s’enlace, qu’on s’embrasse mon ami… Beurk ! Pfoua ! Ah non ! C’est vraiment trop fort ! Qu’est ce que tu as mangé, mec ?! Arrête de faire grincer tes dents comme un camion qui n’arrive pas à passer la première… je ne peux pas faire çà… tant pis pour les indiens ! Salut Bob et merci pour tout. ». Tu commenceras à maudire cette direction, cette agence de voyage qui a tout organisé, car si la bière dans le désert sera une saveur agréable bien qu’incongrue pour observer le coucher de soleil, le spectacle de musique et de danse pour clôturer une journée de jeu sera sans joie, sans passions, sans vie… un show artificiel pour touriste en espérant récolter quelques billets. Ils n’en auront certainement pas récupérer assez. Alors depuis que tu auras vu le couple de français se faire déplumer la moitié de son magot sur un dernier tour de passe-passe typiquement indien, tu resteras sur tes gardes et ne lâcheras pas tes jetons des yeux. Une magouille classique, une bière à 200 roupies, tu tends un billet de 1 000, le gamin n’a pas la monnaie (ils n’auront jamais la monnaie, gamin ou pas), alors il part la chercher, un autre revient et rend l’argent uniquement sur 500. Tu pourras protester, le billet de 1 000 se sera évaporé dans l’amertume du houblon…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01889-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1588 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01889 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01889-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Bob, comme tous les autres, finira par revenir. Il te proposera d’aller passer la nuit dehors, sous un ciel étoilé dans le désert. Fatigué, il te déposera très rapidement dans un coin si près de la ville que tu verras encore ses lumière, que t’entendra encore ses bruits. Vive la musique Disco ! « Quel tristesse… moi qui espérait contempler le ciel sous un silence sauvage… Grrr… Je les aurai ! Il me mène la vie dure, mais cette partie, elle est pour moi ! »</p>
<p style="text-align: justify;">Tu auras droit à un lever de soleil divin, « Jaisalmer ! Enfin… Jaisalmer, ton ciel est rouge ! ». De retour dans le jeu, encore sous le charme du jour qui se réveille, tu donneras un pourboire sous l’instance du croupier qui gère les chameaux. Il te fera remarquer que deux jetons ne seront pas suffisants. « Jamais content ces pingres ! Je fais une entorse à la tradition française en laissant un pourboire et voilà qu’il trouve le moyen de me le reprocher ! Fini les agences de voyages ! Fini les pourboires ! Deux résolutions qu’il me sera plus facile à tenir que celle du 1 janvier. »</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01933-800x600modif.jpg"><img class="wp-image-1590 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01933 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01933-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Cà sera le dernier tour de piste avec cette carte en main, tu ne prendras pas de risque inutile. Pour cela, tu t’enfermeras dans le fort de Jaisalmer avec ses ruelles étroites, ses habitants mélangés aux touristes, tout sera très rustiques, brute de décoffrage, mais tu sauras apprécier cette vue imprenable sur la ville en contre bas. Tu te croiras au Moyen-âge ou à Carcassonne « J’ai jamais vécu à cette époque, ou alors il y a longtemps, ou bien j’ai oublié, comme le temps où j’ai visité la pucelle du Languedoc ». Et pourtant à l’intérieur se cachera un intrus, un trésor, un sublime temple Jaïn rempli de détails et de motifs répétés à l’infini. Le contraste avec le fort sera saisissant, cette bande de statue et de femmes qui dansent sur les quatre murs de la pièce frisent l’obsession. Çà sera l’instant chaud de la journée, le moment où tous les adversaires prétendront avoir la plus grosse, le silence règnera à l’intérieur et personne ne voudra regarder ses pieds. Seul l’écho des pétards, qu’utilisent les jeunes dans la rue et dans le public en attendant le festival Diwali, parviendra à troubler l’esprit concentré des joueurs. Tu n’arriveras pas à réfléchir. Le moment sera critique. Alors tu profiteras d’avoir un peu de vent dans tes voiles pour trouver un lieu plus calme. Sur l’océan de poussière, tu t’arrêteras devant une librairie où le petit prince sera traduit en quatre langues. « Hé man ! Qu’est ce qui te prend ?! Çà ne va ?&#8230; Nous sommes en Inde, ici, ce n’est pas des manières de me proposer de prendre une photo… et gratuitement en plus… où va-t-on si les indiens deviennent sympa… Je te rappelle que t’es censé me sauter dessus, me le vendre à tout prix… ». Tu discuteras pendant plus d’une heure de tout et de rien avec ce vendeur qui n’en aura pas la mentalité. Inconsciemment pour la faveur qu’il t’offrira, et bien qu’il ne t’aura rien demandé, tu te sentiras obligé de lui prendre un livre surtout qu’il en possèdera beaucoup en français. « Cette nuit la liberté » sera ton livre de chevet pour mieux appréhender cette folle partie de poker indien.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01946-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1592 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01946 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01946-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Une giclée d’opium, tu ajusteras ton chapeau de paille qui fera fureur au point de rendre jaloux les vendeurs de cuir, et tu lèveras l’encre en direction de l’Haveli. « Quoi de mieux que la maison secondaire des princes du Rajasthan pour prendre les décisions justes… Pas de trouble au moment de miser gros… je vais gagner ! » Ces maisons sont une pure merveille de construction, elles sont fabriqués comme des lego, sans ciments ni eau, juste un emboitement de pierres « males » et « femelles » avec quelques clavettes en fer. Les marches d’escalier sont toutes de tailles différentes pour rendre l’arrivée de l’adversaire bruyante et difficile. Les maisons sont également conçues de manière à garder la fraîcheur à l’intérieur, ce qui n’est pas du luxe au milieu du désert. Le premier ministre de l’époque, admirateur inconsidéré des fleurs en a fait tailler des milliers qu’on peut poser par un astucieux système de rotation pour les festivals. Mais la pierre n’ayant pas d’odeur, il compense avec des cotons imprégnés d’essences naturelles. Magique !</p>
<p style="text-align: justify;">Une dernière bière avec le couple de français qui devront quitter ta table de jeu. En effet, l’heure sera venue de regarder ta seconde carte. Assis sur le quai de la gare, accroché sur les murs du wagon tu verras ton nom côtoyer des noms « plus que français », les québécoises seront du voyage. Le bruit, les tremblements, ronflements et cris embarqueront dans la même couchette que toi. La nuit sera difficile, ta tête se mettra à tourner, très maigre, tu commenceras à perdre pieds lorsque que ton mollet gauche te brûlera… Ressaisi toi ! Courage ! Retourne là cette carte ! Du bout des doigts, tu en saisiras le coin, le relèveras et…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Jodhpur, la bleue :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01950-800x600modif.jpg"><img class="wp-image-1593 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01950 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC01950-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>La carte du soleil, celle qui te fera croire que la partie ne pourra pas t’échapper. Avec ce jeu, où il ne pleut jamais, privé seulement de 18 jours par an de soleil, il faudrait un cataclysme pour te voir trébucher. L’hôtel qui t’ouvrira ses portes sera encore plus beau que celui de la carte précédente… le croupier annoncera « Bienvenue à Jodhpur ! » et tu te diras que pour les deux jetons offerts c’est cadeau. Une petite voix viendra cogner dans l’arrière de ton crâne… « Attends… Ne vends pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! Attends avant de crier victoire. ». Mais toi, tu seras fier comme un coq, et méprisera ces conseils fort embarrassants. Et le fort, comme dans toutes les villes du Rajasthan, tu iras l’escalader en compagnie d’un ingénieur allemand. Au sommet, la ville se mettra à trembler, la ville se mettra à résonner : tout s’embrasera pour cet appel à la guerre ! La guerre du shopping, çà sera un jour particulier, le festival des achats… à court d’idée il te faudra suivre tes adversaires, miser quelques jetons pour acheter un peu d’or ou d’argent qui d’après leur croyance t’apportera de la chance dans l’année à venir. « Pff ! De la chance… je n’en ai pas besoin. C’est un jeu de carte, mais je le maîtrise du bout des doigts… acheter de l’or, quelle idée saugrenue. Si j’en profitais plutôt pour me refaire une petite garde robe. » Avec ton indifférence supérieure, tu ignoreras les rites locaux pour t’enfoncer dans le grand bazar de la ville. Au premier magasin, t’offrira quelques roupies superflues en échange d’un pantalon. Ton magot est bien garni et tu croiras fermement que tes adversaires se déplumeront entre eux à la conquête d’une piécette d’or où d’argent. Tu te poseras dans un second magasin où pour la première fois depuis le début de la partie tu pourras échanger avec tes adversaires indiens sur leur condition de vie et de jeu (en ayant auparavant acheté un t-shirt cela va de soit). Ils t’appendront que la vie au Rajasthan n’est pas facile, que le prix du kilo de légumes augmente sans cesse. Et dans ta vision typiquement occidentale, tu leur poseras la question des supermarchés. Et ils te rigoleront au nez, les supermarchés ont essayé de s’installer ici, mais les gens sont très méfiants et préfèreront « toujours » le petit vendeur de rue qu’ils connaissent.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02014-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1594 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02014 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02014-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Tu ne le sauras pas encore, mais en ce jour de festival, tu auras laissé passer ta chance. A médire sur ces croyances d’un autre temps, les mouches auront changé d’âne. Et pour cause, toi qui prévoyais de conclure la partie dans le palais du Maharaja, ils l’auront fermé en prétextant une fête. Tous ces insectes viendront te polluer l’esprit comme la mouche tsé tsé t’empêche de dormir « Ils veulent me rendre fou… c’est un complot… Arrêtez ! Pourquoi tant de bruit ?! Et toi le mendiant si je te donne une pièce tu m’embarques ces insectes ? Mais arrêtes de me suivre… non je ne suis pas un parasite. J’ai juste une partie à finir avant que ce soleil de plomb m’assomme. ». Généreux, tes adversaires le seront, ils ne voudront pas gagner contre un fou, alors les vendeurs du second magasin t’offriront un chaï (thé indien délicieux à prononcer Tchaï) et t’emmèneront à moto déguster un bon thalie. Les discussions politiques relancent le jeu jusqu’à ce qu’un baba viennent quémander de l’argent à ton adversaire très hospitalier. Votre baba fera son numéro, de l’eau tombera de ses dreadlocks desséchées, et peu importe si ton adversaire sera en mauvaise posture, il lui offrira quelques jetons. Désarçonné, tu le questionneras pour savoir s’il croit en ces superstitions. Il te répondra que le tour de passe-passe avec l’eau est un tour de magie classique, mais qu’à l’origine les babas sont connectés avec la nature et ils peuvent t’apporter bonheur comme malheur… Et dans le doute, car il a peur, il donnera de l’argent. « Je savais les indiens superstitieux, mais je ne suis triste de voir qu’ils ne sont plus heureux de croire en quelque chose, mais simplement effrayé qu’un malheur puisse arriver… Nuance désolante ! Et moi d’ailleurs, en quoi je crois… la victoire a failli m’échapper mais je suis de nouveau en piste, et ce qui ne tue pas rends plus… » Voilà qu’au moment de conclure ta pensée par une citation des plus banales, tu croiseras le regard du premier vendeur, celui qui a profité de ta joie pour te soutirer quelques jetons. Dans un duel que le croupier n’arrêtera pour rien au monde, tu expliqueras à ton adversaire, ton désarroi devant la façon de faire des indiens et notamment la sienne. Il essayera de se justifier tant bien que mal en te proposant un tapis… « C’est osé de sa part… il a beau avouer que les touristes sont des pigeons pour les indiens, çà n’en reste pas moins un concurrent… même la garde baissée, il est capable d’envoyer un uppercut par derrière… et qu’est ce qui me prouve qu’il souhaite changer la mauvaise réputation totalement justifiée de son peuple ?! Mon cœur arrête de taper si fort, je vais la prendre cette décision… offre moi un tempo lent… c’est infernal ce boucan… cette pollution me bouche la vue… et pis qu’est ce que j’ai en main… une carte de Jaisalmer pour une paire un peu faiblarde… un full de novice avec ma carte de Jodhpur… » Sans même avoir pris de décision, tu entendras les pétards, et ta voix criera : Tapis !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Jaipur, la victoire :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02276-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1595 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02276 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02276-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>La troisième carte, celle que tu cacheras dans ta manche, la carte de trop. « Je sais que le poker se joue qu’avec deux cartes dans la main, mais si t’es mon pote, tu m’laisses tricher ». La carte de Jaipur ne t’apportera rien de plus que celle que tu auras déjà en main. Cependant avec celle-ci tu pourras te coucher dans un hôtel chic jusqu’à la rondeur de la moustache du portier. Dans cet établissement tout sera luxe et « affaire » mais pour comble de l’ironie pas de wifi (ou extrêmement cher), le courant électrique brulera ton chargeur et viendra te rappeler qu’ici il sera trop tard pour te reposer. Les dés seront déjà jetés. Rappelles toi… Tapis… Ahahah !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02271-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1596 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02271 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02271-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Le croupier retournera la dernière carte, mais en attendant, tu iras manger du poulet dans un restaurant juste à côté des cages à poule. Ton cœur sera mort, et agir sans sentiment, agir comme un indien, œil pour œil, dent pour dent n’augmentera pas tes chances de gagner. Repus et sans espoir tu marcheras dans le centre ville où tous les murs sont couleurs ocres. Bienvenue au Roland-Garros des gueulards, le tout saupoudré d’une odeur de fin des mondes. La ville est très sale, mais on y manie l’ironie avec un talent jamais démenti (A clean place is a safe place), le nuage de pollution rend l’air aussi irrespirable qu’à Old Delhi, et c’est pas rien de le dire, comme le chantait Mickey 3D sur la carte de Jaisalmer. Dans ta fuite intenable, une femme te rentrera dedans… « ‘Tin pourquoi elle ne s’excuse pas… elle n’a même pas l’air surpris de la collision… mes poches… non rien ne manque. Çà ne tourne pas rond ici, ni pour eux, ni pour moi. J’ai l’impression que mon affection pour ce pays est totalement dépendante de mon état de forme… et là, je n’y vois plus très clair… et le croupier, il la sort sa carte décisive. Le temps de jouer est fini. » Ne tenant plus de savoir le résultat, épuisé par une partie de plusieurs jours tu tomberas en admiration devant le mélangeur de couleur dans la rue… Rose sort de sa marmite et çà sera gagné… violet et çà sera perdu. Profites de cet instant de grâce, l’avenir se jouera là. Le rose deviendra violet, et des jetons s’envoleront dans la poche de ton adversaire… Mais tu souriras… tu souriras car tu auras gagné une clé pour appréhender et aimer ce pays. « Il faut risquer… c’est en étant gagne petit, que ce pays nous rends fou… je dois m’offrir, m’offrir totalement à sa folie pour préserver la mienne… Je suis léger… je vole ! »<!--more--></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02303-800x600modif.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1597" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02303 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02303-800x600modif.jpg" width="480" height="360" /></a><!--more--></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02318-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1598 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC02318 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/02/DSC02318-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Les effets de cette transformation ne se feront pas attendre, dès le matin suivant après une nuit reposante comme jamais, des jeunes filles d’une riche famille indienne viendront t’expliquer ce que tu devras essayer pour le petit déjeuner. Elles commanderont du thé à ta place qu’elles viendront t’offrir pour discuter de ton aventure. Pas encore très sur de toi, tes mots manqueront de justesse ce qui n’empêchera la plus petite de t’inviter à les accompagner durant leur journée de visite. Mais la plus grande, plus raisonnable, bien que portant un jean, a la culture indienne encrée en elle, et elle imaginera déjà la colère de ses parents. « Dommage ! La raison n’est pas toujours la bienvenue ! ». Ce sera donc seul que tu visiteras la ville, l’appel à la prière si nerveux, si colérique habituellement, se fera presque doux à tes oreilles comme cette patience inaltérable que tu sentiras grandir au plus profond de ton être. Pour fêter çà, tu commanderas du mouton, très épicée et surtout très bon… Sur la route du palais des vents, tu croiseras un mendiant qui ferait bien de se laver mais qui au lieu de çà profitera de l’eau courante pour nettoyer sa photo plastifiée de Shiva. Le sens des priorités indiennes t’échappera toujours mais tu souriras du coin des lèvres en lui lançant un regard plein d’affection qu’il saura recevoir. Tu croiseras la famille indienne du petit déjeuner devant le palais des vents, t’en profitera pour faire la visite avec eux avant de poser pour une interminable séance photo en groupe, puis individuel, puis avec tous les autres indiens qui veulent être à côté d’un blanc. Au bout d’une heure de ce jeu infernal, il sera temps de découvrir la notion de dialogue avec les indiens. Assis comme face à un tribunal, la famille enchaînera les questions qui sembleront être préparé comme pour une conférence de presse de la plus haute importance. Il n’y aura pas de rebonds dans la conversation, ils poseront les questions, tu répondras. Point. Néanmoins, tu apprendras que la plus grande, âgée de 24ans, n’est toujours pas mariée, qu’elle n’en a nullement envie, mais que pour le père, avoir une fille de 25ans toujours célibataire est une honte familiale qu’il ne pourra tolérer. La tension est bien palpable, une vraie histoire indienne comme en raconte tous les jours les films de Bollywood. Ils t’inviteront à Ahmadabad, chez eux « dans l’espoir de me marier avec la fille ?! Mais je ne suis pas hindous, moi… », malheureusement tu refuseras car l’agence aura déjà réservé un train pour toi.</p>
<p style="text-align: justify;">Seul dans le palais des vents, tu poseras définitivement ton masque d’indifférence, de préjugés et d’arrogance, pour apprécier le chef d’œuvre de la folie indienne dans un silence divin.<!--more--></p>
<h4 style="text-align: justify;">// Maintenant, tu as toutes les cartes en main pour une défaite programmée. Elle est écrite d’avance mais l’essentiel n’est pas là. Toi, en face de l’écran d’ordinateur, assis dans ton rockincher, si tu te sens l’âme d’un roi, l’arrogance d’un prince ou la prétention d’un couillon, si tu penses réussir tout ce que tu touches alors viens mettre en jeu ta fierté dans le cœur du Rajasthan. Prêt à miser ? Envoie les jetons…<!--more--></h4>
<p><span style="text-decoration: underline;">Jaisalmer:</span></p>
<p></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Jodhpur:</span></p>
<p></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Jaipur:</span></p>
<p></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Entre en ton Enfer !</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2014 13:56:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Kassé]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Inde]]></category>

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		<description><![CDATA[// Je n’ai pas rendu visite à ces petits alchimistes, pulvérisés, incontinents*, du cachemire. Et pourtant quand je me regarde dans le miroir, je ne vois pas un étranger dans la glace, seulement un pauvre indien dépigmenté, les yeux nageant dans des orbites creusées par un sommeil impossible. Lorsqu’il ne reste plus que la peau [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;">// Je n’ai pas rendu visite à ces petits alchimistes, pulvérisés, incontinents*, du cachemire. Et pourtant quand je me regarde dans le miroir, je ne vois pas un étranger dans la glace, seulement un pauvre indien dépigmenté, les yeux nageant dans des orbites creusées par un sommeil impossible. Lorsqu’il ne reste plus que la peau sur les os, la dernière porte à ouvrir est celle de la folie… Bienvenue à Delhi !<span id="more-1436"></span></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01568-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1441 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01568 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01568-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Mais pour cela, il reste la frontière de Banbasa à franchir. Je grimpe dans un tuk-tuk à cheval pour effectuer les quinze derniers kilomètres qui me sépare de l’ancienne colonie britannique. Le passage des postes administratifs se fait sans encombre, un tampon par ci un tampon par là, et nous franchissons le pont qui sépare le Népal de l’Inde. Ma première impression est olfactive. Dès la rivière traversée, l’odeur n’a plus rien avoir les joies népalaises, ici… çà pue !</p>
<p style="text-align: justify;">Pour me mettre tout de suite au parfum de ce qui m’attend, le rickshaw essaye de me faire croire que nous nous étions mis d’accord sur un prix en roupie indienne (deux fois la valeur de la roupie népalaise). Mais le pompon arrive lorsque j’essaye de retirer un peu d’argent. 20 000 roupies, rien ne se passe si ce n’est un message à l’écran de l’automate pour m’annoncer que je suis limité à 15 000 roupies par jour. Je retente ma chance en demandant seulement 10 000 roupies et cette fois j’obtiens un reçu m’indiquant que j’ai déjà atteint le plafond journalier. La banque étant encore ouverte, je demande des explications aux employés (qui parlent un excellent anglais). Ils s’en contre-fichent et me le font bien savoir en me conseillant de prévenir ma banque pour que la transaction soit bloquée. J’ose à peine leur demander si je peux utiliser un de leur poste avec internet, la réponse est claire… NON !</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce petit village frontalier, internet ne court pas les rues. Cependant je finis par mettre le grappin sur une petite agence de voyage où deux jeunes plutôt cools (désinvoltes serait plus approprié car ils attendent juste 16h pour rentrer chez eux) me laissent utiliser leur ordinateur entre deux mises à jour de leur profil facebook. En espérant que la banque réussira à régler ce problème rapidement, avec les quelques roupies népalais qu’ils me restent, je prends le pari de réserver un bus de nuit pour Dehli afin de ne pas m’éterniser à Banbasa. Dans le but de bien dormir, j’arpente les rues avec mes deux sacs sur le dos et je compte sur les indiens pour me consumer nerveusement. En effet, ici, c’est moi le phénomène de foire. Tous les objectifs des téléphones portables sont braqués dans ma direction. Je suis surpris, déstabilisé, un peu comme avec la nourriture qui ressemble comme une sœur à sa jumelle népalaise mais en beaucoup plus épicée ! (Du coup je ne suis pas malade).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01545-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1442 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01545 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01545-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Le bus arrive avec une heure d’avance, le soleil en tombe de surprise. Au clair de la lune, le véhicule ne m’inspire pas plus confiance. Il n’a pas l’air confortable. Je profite d’être le premier à monter dedans pour poser mes affaires sur le siège solitaire à côté du chauffeur. Cette place m’offre un peu de liberté pour étendre mes jambes et ne pas être trop brassé si je veux m’endormir. Foutaise ! Nous partons avec plus d’une heure et demie de retard sur ce qui m’avait été annoncé. Nous partons donc à l’heure des standards indiens pour une nuit interminable. Oubliez tous ce que je vous ai racontés sur les trajets de bus au Népal, le simple fait de repenser à ce parcours me fout le cul en larmes. La nuit est un calvaire, la route est rongée de nid de poule, je saute sur un siège dur comme du fer, le klaxon est en marche sans discontinuer et si par malheur il ne suffit pas, le chauffeur voilé comme un taliban hurle à la mort ! Deux coups de frein bien sentis me font embrasser la poussière aveuglante du pare brise. (Pourtant j’ai passé de longues minutes à chercher la ceinture). La trouille de l’accident est permanente… je ne ferme pas l’œil de la nuit ! Lorsque nous arrivons à 4h00 du matin, c’est encore vivant mais complètement épuisé, cassé que je prends ma première résolution indienne… Voyager en Train !</p>
<p style="text-align: justify;">Encore engourdi du trajet, heureux de pouvoir me pincer et constater que je ne rêve pas, je pose le pied droit (je ne suis pas superstitieux mais se lever du pied gauche met de mauvaise humeur) sur le sol de la station de bus. Mon sac à dos récupéré, un taxi vient m’aborder pour me proposer le trajet jusqu’au Main Bazar pour 400 roupies, à peine eu le temps d’entre ouvrir mes lèvres et refuser poliment… que les « auto-rickshaw » s’agglutinent autour de moi comme des mouches. Sans que je ne dise rien, ils commencent à négocier entre eux… 300 roupies, 200 roupies pour moi… Finalement au lever du jour, on me transporte jusqu’à l’hôtel pour 150 roupies. Je viens de recevoir un cours illustré d’économie : La concurrence est positive pour le client !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01548-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1443 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01548 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01548-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Après quelques heures de sommeil dans un hôtel qui n’est pas si pire comme dirait certains. Le propriétaire se propose de m’appeler son chauffeur pour qu’il me dépose gratuitement à l’office de tourisme. Fatigué, je ne suis pas contre un peu de gentillesse. Dans la réalité, il s’agit d’un taxi qui me demandera une commission pour la course jusqu’à l’agence de voyage du propriétaire de l’hôtel. L’agence essaye de me vendre un tour complet pour atteindre Calcutta en visitant le Rajasthan pour plus de 1000 euros. Complètement déboussolé, je sors de l’agence et grimpe dans le premier « auto rickshaw » pour qu’il me conduise à l’office du tourisme de la ville. Rebelote ! C’est devant une autre agence qu’il me dépose, après une troisième déconvenue, je rends les armes, et je finis par me résoudre à boucler la visite du Rajasthan pour la première fois du voyage dans une agence qui me permet de rester en accord avec le budget maximum journalier que je me suis fixé.</p>
<p style="text-align: justify;">A la maigreur s’ajoute la déception, New Dehli ne correspond en rien à l’image que j’avais de l’Inde, sauf dans la roublardise de sa population. L’architecture du centre ville ressemble à s’y méprendre à celui d’une capitale occidentale mais où l’arnaque se cache à chaque coin de rue. L’hôtel me fait une impression de plus en plus louche avec son patron qui détient une agence de voyage ainsi que quatre guesthouses les unes à côté des autres. Je le surprends à écrire mon nom dans le livre d’enregistrement de deux des hôtels. Blanchiment d’argent ?! Je n’ai pas vraiment le temps d’y réfléchir car il m’a refilé un virus sur mon disque dur externe… J’ai perdu la quasi-totalité de ma musique et de mes textes dans cette affaire. Je ne sais plus vraiment où donner de la tête, ici, tout semble suspect jusqu’aux sourires des enfants qui usent et abusent de leur souplesse dans l’espoir de récupérer quelques roupies. En tout cas, c’est dépaysant mais pas très plaisant, comme la vie de ce monsieur qui passe ses jours et ses nuits dans un trou qu’il a aménagé d’un lit, d’une étagère et d’un poste de radio. Il tire le rideau pour son intimité, mais çà n’empêche pas ses pieds de déborder dans la rue lorsqu’il dort. Quelque soit l’heure à laquelle je traverse, il est là ! Comme lui, je passe ma soirée à méditer sur mon sort… Je décide d’arrêter de me plaindre, de me lancer corps et âme dans l’expérience indienne tout en protégeant ma tête pour qu’elle reste accrochée sur son socle de rêve. Trouver une clé pour comprendre l’incompréhensible de ce pays, voilà la théorie, il n’y a plus qu’à…</p>
<p style="text-align: justify;">La réalité est beaucoup plus contrastée. De bon matin, les affaires reprennent, tous les magasins sont fermés mais les arnaqueurs sont déjà au rendez-vous. Je rencontre dans la rue un jeune homme de mon âge, plutôt sympa au premier abord (comme tous les Arsène Lupin). Après une heure à discuter de tout et de rien, il se propose d’aller dans l’agence de tourisme pour connaitre le réel prix afin que j’obtienne un point de comparaison pour négocier. Pas très emballé par sa méthode, je lui réplique qu’il n’a qu’à y aller mais moi je ne retourne pas dans l’office. Trente secondes plus tard, je n’ai pas encore eu le temps de partir qu’il est de retour dans la rue avec Kumar, le vendeur.</p>
<p style="text-align: justify;">-Kévin, Qu’est ce qu’il se passe ? hurle Kumar dans un français impeccable.</p>
<p style="text-align: justify;">Rouge de honte et très embarrassé, en anglais pour que tout le monde comprenne, je lui explique qui est ce jeune homme. Je n’ai pas fini ma phrase que l’arnaqueur se dérobe. Envolé ! Kumar me confie que c’est un rabatteur qui veut faire descendre le prix pour se prendre une commission. Je le sens très énervé et remonté contre moi (ce qui peut facilement se comprendre). Du coup j’use de ce que j’ai déjà pu observer des indiens… Ils sont très fiers, et quoi qu’ils fassent le plus important est le business. Du mendiants dans la rue au patron d’une agence de tourisme, ils vous parleront du business… de leur business… alors je flatte l’égo de mon vendeur en entamant une discussion sur son business. Il finit par me proposer de récupérer l’argent que j’ai avancé ou de revenir à 16h00 afin d’officialiser le contrat pour la visite du Rajasthan.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01646-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1445 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01646 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01646-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Lors de cette expérience, je prends conscience qu’il faut se méfier de tout le monde. Avec ma gueule fatiguée de blanc bec, je vais me sentir seul dans ce pays, alors pour me changer les idées, je file sous terre… Pour un tarif absolument dérisoire, le métro de Delhi est d’excellente qualité. J’en arrive au point de me demander si je ne dois pas rester ici à observer les indiens. Dans cette fourmilière le spectacle est garanti. Çà commence avec l’entrée, où la sécurité comme dans tous les endroits publics du pays est renforcée. Un militaire pointe son arme en direction de la foule qui présente un à un ses bagages. A côté, les aéroports français en période « Vigipirate » ressemblent plus à une fouille d’entrée de bal de village. Puis les couloirs s’enchaînent avec des rappels permanents sur les risques encourus en cas de crachat. La vie souterraine doit être frustrante pour les indiens, comme ces wagons spéciales filles qui empêchent toute mixité. La foule avance dans un mouvement perpétuel, entre les habitués qui ne regardent que leurs pieds et les usagers exceptionnels qui ont peur de l’escalator au point de se demander comment monter dessus sans coincer son sari. C’est un vrai film comique. Mais le plus drôle reste le moment d’entrer dans le wagon. Les indiens, sages et disciplinés comme des japonais, forment deux queux bien distinctes derrière une ligne jaune afin de laisser sortir ceux qui sont à l’intérieur. Hérésie ! Tout change dès que le métro arrive, ce calme apparent laisse place à une foire d’empoigne digne d’une bagarre générale sur un terrain de rugby. Bonne chance ! De la chance, il en faut également pour sortir. Il y a tellement de monde pour retourner à la surface de la terre que cela peut facilement prendre une dizaine de minute. Soit une éternité quand les gens vous collent, vous poussent et sont prêts à vous marcher dessus pour gagner vingt centimètres vers la sortie.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01625-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1446 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01625 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01625-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Je profite de mon retour dans la fournaise de la ville pour visiter le Red Fort qui ne présente pas grand intérêt à mes yeux si ce n’est que j’y fais ma première rencontre totalement désintéressée (ou presque : juste une photo avec deux jeunes de Bombay). J’enchaîne en me laissant errer comme une âme en peine devant la misère de la vieille ville. Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à l’image que je me faisais de l’Inde. Çà grouille de pauvreté et de gens difformes, çà pue et c’est évidement très sale… à tel point que même les animaux ne veulent pas manger dans les poubelles. Misère ! Et ce n’était pas le nom de ma chienne… J’ai l’impression d’être sur un ring de boxe pour mener un combat sans fin contre un nuage de mouche. Avancer dans ces conditions devient très vite étouffant et lorsque la foule s’ajoute aux insectes, je préfère abandonner la partie et oublier la visite de la mosquée.</p>
<p style="text-align: justify;">De retour à l’agence, je retrouve Kumar me proposant une ristourne inespérée de 35 euros. Il y a du bon dans les rabatteurs qui s’envolent, à moins que mon vendeur fût comme maître corbeau tellement flatté par le renard qui s’intéressa à son business qu’il a fini par lâcher un morceau de son fromage. C’est aussi en rentrant à pied de nuit en direction de l’hôtel que je constate avec effroi le nombre de clochards endormis sur le trottoir aux portes de New Delhi. Ils sont totalement recouverts d’un drap délavé comme les morts dans leur linceul.<img title="Lire la suite…" alt="" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" /></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01627-800x600modif.jpg"><img class="aligncenter" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01627 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01627-800x600modif.jpg" width="480" height="360" /></a><img title="Lire la suite…" alt="" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" /></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01652-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1447 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01652 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01652-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Pour ne pas connaître les mêmes mésaventures que la veille, je décide de commencer la journée en allant me réfugier dans le temple de Lakshmi Narayan. Sur la route, à la lumière du jour, je suis frappé par le nombre de personnes dépigmentées que je croise… le vitiligo est une vraie épidémie dans ce pays. Ils sont plus blancs que blancs avec quelques restes épars de leur couleur naturellement terreuse. Le visite du temple, très beau mais où les photos sont interdites est une excellente idée. Dans cette demeure hindoue, je suis pris de sentiments contradictoires, troublé par le calme et la volupté qui y règne contrairement à la folie de la rue, mais je suis surtout oppressé par toutes ces svastikas, tellement nombreuses que les nazis en auraient été gênés. Il est également amusant de voir la similitude dans la manière de prier entre les hindous et les musulmans (ce qui ne les a pas empêchés de se massacrer sauvagement pendant des années pour accoucher du Pakistan). Pieds nus, ils se baissent pour embrasser le sol devant leur idole, mais contrairement aux mosquées, il n’y a pas de moquette dans ce temple alors je jongle avec mes pieds entre les dalles chaudes et froides.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01677-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1449 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01677 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01677-800x600modif.jpg" width="162" height="216" /></a>Je poursuis ma journée touristique et culturelle en direction de la porte de l’Inde largement inspirée de l’arc de triomphe parisien. Il était écrit qu’un jeune viendrait m’aborder. Méfiant, je ne suis pas très accueillant et au lieu de simplement répondre à ses questions, je décide de jouer avec lui. C’est ainsi qu’à leurs traditionnelles requêtes (toujours les mêmes), j’en profite pour lui exposer une vision très libertaire de la religion… Pas de réaction, il change de sujet au moment où un éleveur de serpent me fiche la frousse avec sa musique et sa bête qui monte… qui monte. Je préfère déguerpir ! Quant à mon étudiant, il est toujours à mes basques et me fait un joli discours raciste à propos des musulmans qui mangent les vaches sacrées. Je rentre dans le jeu à fond, en lui répliquant que j’adore aussi dévorer les vaches. Pas de réaction, il change de sujet et enchaîne sur Hollywood et ses films. Je sais à présent qu’il y a une entourloupe à venir avec ce gars. N’importe qui, provoqué comme je l’ai taquiné, aurait soit fui, soit défendu et expliqué sa position. Il n’a fait ni l’un ni l’autre… il cherche quelque chose. A force de le voir marcher dans mes pas, je me prends pour Gandhi devant la stèle commémorative de son parcours en Afrique du Sud avant de revenir transformé en prêcheur de la paix dans son pays natal. Malheureusement pour mon disciple, je n’ai pas la grandeur d’âme du Mahatma, et lorsque le moment du départ approche, il me dévoile son histoire… la perte de son père, son envie de visiter Delhi mais son ami qui n’est pas là pour l’héberger, etc.… Je suis gêné de ne pas lui apporter de l’aide, mais je lui offre mon adresse mail pour garder contact… Je n’aurai plus jamais de ses nouvelles, ce qui me conforte dans l’idée qu’il ne me mentait peut être pas, mais qu’il espérait beaucoup plus de moi, à mon insu…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01569-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1450 alignleft" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01569 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01569-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Pour la première fois du voyage, je suis happé par la solitude… la mauvaise, celle qui vous dévore de l’intérieur, celle qui vous ronge au point de vous faire embrasser la paranoïa. Le parallèle entre mon rêve d’enfant qui a pris son envol sur les rives de Cape Town et la vie de Gandhi, revenu métamorphoser d’Afrique de Sud, est trop lourd à supporter. Je me sens vide, impuissant, n’ayant ni la force ni le courage d’inverser le cours des choses. L’expérience malheureuse avec le jeune homme, que j’ai laissé tomber, est amplifiée lorsque je traverse de nouveau les abords de New Delhi à l’heure où la lumière naturelle s’éteint. Le trottoir est rempli de gens vivants comme des animaux n’ayant jamais eu la chance de connaître le respect dans le regard des autres, n’ayant jamais été traité comme des humains, n’ayant jamais pu vivre dans des conditions « acceptables », alors ils se sont adaptés à leur environnement… Ils vivent sans pudeur ni intimité au milieu de la puanteur et des rats. Ils pissent de partout pour marquer leur territoire sans jamais se révolter contre l’injustice de leur situation. Il y a dans cette scène, tout ce qui habituellement embrase mon cœur. Il y a dans ce traitement de nos confrères, tous les arguments pour que mon sang s’enflamme… mais ce soir, je ne ressens rien, ni culpabilité, ni pitié, ni désespoir, ni rage… ce soir, je ne ressens plus rien pour ce peuple qui m’indiffère.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin d’oublier et/ou me complaire dans ce sentiment d’indifférence, je regarde les quelques albums qu’il me reste sur l’ordinateur… Pas grand-chose, mais entre Lou Reed et Leonard Cohen, j’opte pour la provocation du premier. C’est sur les accords d’un rock animal que je finis par m’endormir… Au petit matin, j’apprends en surfant sur la toile, que Lou Reed, épuisé de la situation, a fini par nous abandonner… Triste coïncidence, Sad Song !</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce pays où mésaventure rime avec quotidien, c’est avec joie que je constate qu’il n’y a pas de problème pour quitter l’hôtel. Comme à chaque fois que les événements se déroulent sans encombre, je suis surpris, mais le plaisir est toujours de courte durée. Affamé, je m’arrête prendre un repas dans la rue du Main Bazaar. Je demande le prix d’un beignet et des poix chiches.</p>
<p style="text-align: justify;">-30 roupies !</p>
<p style="text-align: justify;">Je me lance et je trouve même que çà n’est pas mauvais du tout. Quant j’ai fini la note a doublé. En effet, sans que je ne lui demande rien du tout, il m’a glissé deux beignets dans l’assiette, soit deux fois trente, soixante roupies. Le prix dérisoire importe peu, mais la façon de faire est très typique et représentative de la mentalité indienne.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01693-800x600modif.jpg"><img class=" wp-image-1451 alignright" style="border: 2px solid black; margin: 5px;" alt="DSC01693 [800x600modif]" src="http://www.tictacaroundtheworld.fr/wp-content/uploads/2014/01/DSC01693-800x600modif.jpg" width="288" height="216" /></a>Je profite de mes dernières heures de liberté à voyager seul avant d’être enfermé dans le temps de l’agence de voyage pour découvrir le Lotus Temple. Comme bien souvent, je ne fais pas attention au fait que nous sommes lundi. Même en Inde, il s’agit d’un jour maudit, la plupart des sites ont portes closes. Peu importe, plus que la beauté du temple, l’attraction ici, c’est… moi ! Et une photo par ci, une photo par là… je devrais sérieusement songer à me faire rémunérer. Une nouvelle ligne à ajouter sur mon CV, mannequin dans le fleuron des anciennes colonies britanniques. Lorsqu’on me demande de poser au côté d’une petite fille, je suis consterné de voir qu’elle ne sait pas sourire… seulement montrer ses dents ! Bonjour Tristesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le brouillard de pollution permanent qui règne sur Delhi, je retourne à l’agence récupérer mes affaires avant de rejoindre la gare. Des les bureaux, je croise un américain ainsi qu’un couple de français habitués à voyager et qui vont réserver un tour pour la première fois car les indiens sont trop… fatiguant ! Je ne suis pas le seul à en avoir marre de cette agitation permanente. Les hôtes de cette terre maudite, qu’on surnomme le sous continent en raison de sa taille et sa population, en ont bien conscience, et ce n’est pas innocemment qu’ils écrivent sur les vitres de toutes les agences de tourisme… INCREDIBLE INDIA !<!--more--></p>
<h4 style="text-align: justify;">// Couché dans le train me revient en mémoire les paroles… « How do you think it feels ? », Comment penses tu que çà se passe quand tu t’en vas ? Ici bas, je quitte juste l’enfer où l’on ne voit jamais le soleil pour une nuit dans ce wagon à contempler les étoiles et en voir briller une nouvelle. Tchô Lou… Adieu Delhi !<!--more--></h4>
<address style="text-align: justify;"> *Pour cette métaphore, je me suis permis de jouer sur le double sens des vers de Thiéfaine « Demain tu verras tous ces petits alchimistes, Pulvériser un continent » dans la chanson de circonstance, le chant du fou.<!--more--></address>
<p><span style="text-decoration: underline;">Delhi:</span></p>
<p></p>
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