`

Mes ratés à Bucarest !

// DRING !!!!! DRING !!!!!!! Je sursaute mon téléphone s’emballe.

Rien de grave, simplement Lucia qui m’appelle pour me réveiller car je dormais si profondément que je n’en ai pas entendu son voisin frapper à la porte. Je profite de cette dernière matinée dans son appartement pour réserver mon hôtel à Bucarest. Sur les conseils de Yann, je me dirige vers le X Hostel, pas aussi excité que le nom de l’auberge de jeunesse peut le laisser imaginer (Parait il que l’endroit est sympa, plein de jeune et que son nom n’a rien avoir avec des éléments à caractère pornographique, nous verrons bien…).

DSCN3862 [800x600modif]Si je ne suis pas aussi emballé à l’idée de découvrir Bucarest, c’est parce que ce matin, je sens une grosse lassitude physique. Rien que de monter dans le taxi, que m’a réservé Lucia, m’épuise. Le trajet pour rejoindre la capitale roumaine dans ce mini bus me tend. Je me sens courbaturé comme si j’avais fait un effort insurmontable la veille. Je plie sous ce soleil de plomb. Et l’arrivée dans l’hôtel me donne le coup de grâce, une bande de bourricots australiens font un boucan pas possible et sont complètement saouls alors qu’il n’est que… deux heures de l’après-midi ! Avec un peu plus d’expérience je comprendrai comment voyage la plupart des « jeunes australiens ». Ils réservent une auberge de jeunesse, et n’en sortent jamais. Ils passent leur temps à boire, être arrogant et fumer leurs dollars avec mépris pour les pauvres populations locales. Tous ceux que j’ai rencontrés jusqu’à présent ne m’incitent pas à poser le pied sur leur île… Bien entendu, je suis dans la même chambre qu’eux !

Une douche plus tard et le soir tombé, je retrouve un peu de vigueur. J’en profite pour travailler mon anglais avec Ben. Un personnage aussi sympathique qu’il peut être agaçant quand il se mue en fervent défenseur du XV de la rose. Malgré ma fatigue et mon antipathie pour ce genre de lieu, je me laisse entrainer en soirée avec un groupe de l’hôtel.  Evidement, je ne m’y amuse pas et finis par rentrer bien avant l’heure requise.

Transpirant, je tourne dans mon lit, « Qu’ai-je fait des clés du casier ?! ». Casier que j’ai été obligé de louer et dont la somme avancée m’avait un peu surpris. Je me prends à rêver que je les ai laissées à l’intérieur du casier. Paniqué, je retourne toute mes affaires. En vain ! Je préfère me coucher et chercher quand j’aurai plus de lumière et de lucidité. L’image apparait soudainement, mais bien sur, je les ai mises dans la poche secrète de mon sac à dos. Well done !

Je passe ma journée à dormir. J’ai chaud, faim, soif mais pas vraiment d’énergie pour me lever. Je décide de me prendre en main, çà fait deux jours que je suis à Bucarest et à part une boite de nuit et mon lit, je n’ai pas vu grand-chose ! Pour repartir à défaut d’un Mars, je prends un Snickers. La fille de l’accueil me demande si elle est peut croquer dedans. Elle boit des gorgées dans toutes les bières qu’elle sert, si en plus elle mange à tous les râteliers, çà ne va pas le faire, mais elle est mignonne, alors… je souris et accepte.

DSCN3879 [800x600modif]Ma première expérience avec la rue de Bucarest, se passe comme dans l’imaginaire de la plupart des français. Je suis une nana à la démarche douteuse, une robe si courte qu’on ne se rend même pas compte qu’elle est d’un rouge indécent, des chevilles perchées si haut qu’il ne faut pas avoir le vertige et un regard qui s’assure que tout le monde l’a bien regardé ! Je me surprends à entendre les petits oiseaux chantonner pour accompagner son passage d’un « bienvenue à Bucarest ! »

De retour à l’hôtel, je retrouve le groupe d’hier soir. Pour les plus inconscients ils ont trouvé le moyen d’inviter « leur poule » à venir les rejoindre. Ce qui passe en soirée, sans parole à partager quelques danses, s’avère être un long calvaire de jour. Sans pouvoir communiquer un seul mot, les longs silences dans le blanc des yeux, nous font beaucoup rire. Je m’amuse à jouer les interprètes, et faire passer mes deux français patauds pour de charmant gentleman, un brin mièvre et romantique.

Andréa et Emma, deux étudiantes en médecine rencontrées la veille nous rejoignent. Et ce qui était tant redouté se produit, sous nos yeux. Nous avons à faire à une guerre des égos. Deux mondes s’affrontent chez les filles, celles que je qualifierai volontiers de classes, de cultivées et les autres… Ce soir là, je comprends qu’il y a un rêve commun à toutes les roumaines, l’envie de succès à travers l’exode de leur pays natal. Pour cela, deux voies s’offrent à elles, l’éducation (notamment la médecine pour pouvoir s’exporter dans les pays occidentaux) ou trouver un mari fortuné grâce à leur style, et leur style, c’est leur cul comme le chante Léo Ferré.

DSCN3883 [800x600modif]Après de longues palabres, tout le monde arrive à s’accorder pour aller manger au Caru’cu bere, restaurant traditionnel roumain. La salle est remplie, les décorations murales impressionnantes, le menu présenté sur un journal fait des plus classes, ce qui me fait craindre une note salée. J’ai les larmes aux yeux, pas à cause de la note qui reste très bon marché, mais de ce piment qui accompagne ma purée et mes feuilles de vignes farcies. Je me rassure en voyant Nicolas, mon voisin de table, devenir rouge, tellement rouge, qu’il est au bord de l’explosion. Il sue à grosses goutes et risque la chute plusieurs fois en essayant de trouver de l’air frais dehors.

Inévitablement le groupe finit par se séparer, avec les survivants, nous suivons Andréa et Emma dans un bar à chicha. Les cloches de minuit sonnées, nous célébrons les 25 ans de Nicolas et partons à la découverte de Bucarest la nuit. Nos deux guides roumaines nous en apprennent un peu plus sur l’égo surdimensionné du dictateur Ceaușescu. Sa démesure allant jusqu’à raser de nombreuses maisons et déplacer 45000 personnes (souvent dans des logements insalubres) afin de se faire construire le plus grand bâtiment en pierre du monde. Nous rejoignons l’appartement d’Andrea, où je fais connaissance avec la nouvelle technologie. Une télévision sans télécommande, qu’on peut diriger avec la voix, mais encore mieux, simplement avec la main. Après quelques minutes d’essais infructueux, d’un claquement de doigts je deviens un expert du zapping !

DSCN3848 [800x600modif]

J’arrive à l’auberge de jeunesse en même temps que les premiers rayons de soleil. Elle est déserte. Suis-je le seul survivant du weekend ? J’en profite pour faire le point, et avec la conjonction des derniers évènements : hôtel débarrassé de ses insupportables Aussies et recommandation de Yann de faire mon VISA chinois à Bucarest, je loue mon lit pour une semaine supplémentaire. Je m’inquiète un peu de tout ce temps à dépenser à Bucarest, la visite de la ville la veille au soir ne m’a guère emballé, mais les démarches administratives ne me laisse pas vraiment le choix.

Sur la route de la Chine, je suis un peu perdu, alors je demande mon chemin à une fille qui semble heureuse avec son passeport en main. Elle m’indique la porte des services consulaires. Le silence de mort et la longue file d’attente dans la pièce n’incite pas à l’optimiste. Effectivement une heure d’attente plus tard, j’apprends que je n’ai aucune chance de recevoir mon VISA ici, car je ne suis pas résident dans le pays et que je prévois de m’envoler pour la Chine depuis Istanbul. C’est donc le moral dans les chaussettes, que je retourne au point de départ.

Je croise de nouveau la fille qui m’a indiqué mon chemin sans issue. Quand elle voit ma mine déconfite nous échangeons quelques mots. La sienne est moins rassurée que tout à l’heure, elle est prise d’un doute sur la validité de son VISA. En effet, elle va étudier les six prochains mois en Chine, et aucun délai n’est affiché sur son papier. Très vite rassurée par l’administration, elle me propose d’aller boire un verre ensemble dans le parc qui entoure l’ambassade chinoise. J’accepte volontiers pour me changer les idées.

Elle s’appelle Iuliana, elle habite à Cluj-Napoca. N’ayant rien d’autre à faire qu’attendre. Elle, son train retour, et moi, qu’est ce que j’attends… ?! Nous décidons de le faire ensemble. Je passe une agréable journée à découvrir, la fille qui voulait voir le bout du monde. A l’âge de quatre ans, elle quitte sa maison, et pars sur la route pour voir la fin du monde, persuadée qu’il y a un moment où la terre s’arrête. Deux heures plus tard, elle est rattrapée et ramenée chez elle par des paysans du village. Comme son envie d’étudier en Chine, cette histoire décrit à merveille sa personnalité.

DSCN3687 [800x600modif]C’est donc sans gêne, qu’elle me propose de la suivre à Cluj. Elle n’aime pas Bucarest, et défend sa ville avec merveille…

- Mais j’ai déjà réservé mon hôtel pour la semaine, et je ne veux pas en payer un deuxième.

- Pas de soucis, je peux t’héberger une nuit, mais après je dois aller voir mes parents. Du coup, si çà ne te dérange pas mon copain pourra t’héberger également.

- Parfait ! Je récupère quelques affaires à l’auberge et on saute dans le prochain train !

Me voilà en route pour Cluj-Napoca, mais ceci est une autre histoire qui arrivera très prochainement…

// Fuir les problèmes n’a jamais été la solution. Mais la clé de la réussite d’un voyage au long cour est de ne pas se laisser embourber dans une zone où les nuages sombres s’amoncèlent. Alors que tout a commencé de travers à Bucarest, je suis la fille qui voulait voir le bout du monde en direction de Cluj-Napoca.

PS : Pas de galerie photo pour cette session qui s’est principalement déroulée dans les chaudes nuits de Bucarest, et quand les loups sortent… le petit oiseau se cache !

Posted on
Lundi, septembre 16th, 2013
Filed under:
Roumanie.
Tags:
Subscribe
Follow responses trough RSS 2.0 feed.
Trackback this entry from your own site.

6 Comments to “Mes ratés à Bucarest !”

Votre commentaire:

Votre nom (oblig.):

Votre email (oblig. - ne sera pas publié):

@Damien: Salut Damien. J’espère que tout se passe bien depuis ton retour en France. Je te renvoie au mail facebook que j’ai fait parvenir à Briac, tu n’as pas vraiment à te sentir concerné par l’article! ;-)
A bientôt pour partager une bière sur Montpellier.

septembre 17th, 2013
Kassé

Je n’ai jamais voulu invité de poule ! Elle s’est invitée^^

septembre 17th, 2013
Damien

@Zobette: Mais c’est avec plaisir zobette! J’espère que tout roule pour toi…
A bientôt. Bisous

septembre 17th, 2013
Kassé

Merci KC de nous faire voyager…cela nous emmène loin de Poralu! :) Bisous

septembre 17th, 2013
Zobette

@Seb: Merci !
Çà me fait plaisir de voir que tu prends toujours autant de plaisir à me lire. Je ne sais pas si j’aurai le talent pour écrire un livre, ce qui est certain c’est que je n’en aurai absolument pas le courage !
Bises et à bientôt.

septembre 17th, 2013
Kassé

Tu pourrait écrire un livre tellement que tu raconte bien ;)
Bonne route
Bisous

septembre 17th, 2013
Seb
Tic-Tac Around The World is proudly powered by WordPress
Revolt Basic theme by NenadK. | Entries (RSS) and Comments (RSS).